Mali : Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense après la mort de Sadio Camara

Le président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, cumule depuis lundi 4 mai les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense et des Anciens combattants, neuf jours après la mort dans un attentat du général de corps d’armée Sadio Camara, qui occupait ce portefeuille.

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Mali : Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense après la mort de Sadio Camara
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L’annonce a été faite dans l’après-midi du 4 mai sur la chaîne publique ORTM par Alfousseyni Diawara, secrétaire général de la présidence avec rang de ministre, à la lecture de deux décrets présidentiels. Le premier abroge la nomination de Sadio Camara, le second confie à Assimi Goïta le commandement suprême des armées et la gestion administrative de la défense, dont les prérogatives précises seront détaillées par un texte réglementaire ultérieur. Le général de division Oumar Diarra, jusqu’ici chef d’état-major général des armées, a été nommé ministre délégué auprès du ministre de la Défense. Le décret précise qu’il bénéficie d’un rang protocolaire immédiatement inférieur à celui des ministres d’État.

Sadio Camara avait été tué le 25 avril à Kati, principale base militaire du pays située à la périphérie de Bamako, dans une attaque au véhicule piégé visant son domicile. L’attentat s’inscrivait dans une offensive coordonnée du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) et du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui ont visé simultanément sept localités, dont Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal. Des obsèques nationales ont été organisées le 30 avril en présence d’Assimi Goïta.

Au-delà de la succession formelle, la décision du chef de l’État revêt une portée stratégique. Sadio Camara constituait le principal interlocuteur de la junte malienne avec Moscou et l’artisan du rapprochement avec la Russie depuis 2021, qui a abouti au déploiement d’Africa Corps, force paramilitaire rattachée au ministère russe de la Défense, sur le territoire malien. En reprenant directement le portefeuille, Assimi Goïta absorbe également ce canal bilatéral.

Avant même la lecture du décret, le chef de la transition avait reçu une délégation de militaires russes conduite par l’ambassadeur de la Fédération de Russie à Bamako, Igor Gromyko, pour discuter de la poursuite de la coopération avec Africa Corps.

Une consolidation du pouvoir

Le maintien d’Oumar Diarra au sommet de l’appareil militaire est également perçu comme un signal politique. Le général avait été nommé chef d’état-major par Assimi Goïta dès août 2020, deux semaines après le coup d’État qui avait renversé Ibrahim Boubacar Keïta. Sa permanence à ce poste, malgré plusieurs revers militaires des Forces armées maliennes (FAMa), avait nourri ces dernières années des tensions avec Sadio Camara, qui poussait pour un renouvellement du commandement.

Le cumul des fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense ramène Assimi Goïta à une configuration qu’il avait déjà connue entre septembre 2020 et mai 2021, lorsqu’il occupait la vice-présidence de la transition tout en supervisant les questions sécuritaires. À l’époque, il avait fini par écarter le président Bah N’Daw et le Premier ministre Moctar Ouane pour s’emparer de la magistrature suprême.

Le Mali demeure depuis dirigé par un régime de transition militaire sans calendrier électoral arrêté. Le pays a quitté la Cédéao en janvier 2024 avec le Burkina Faso et le Niger pour fonder la Confédération des États du Sahel (AES), tout en conservant son ancrage dans la zone franc CFA et l’UEMOA.

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