Mali : l’Africa Corps neutralise environ 150 terroristes près de la Mauritanie

Le groupe paramilitaire russe Africa Corps a annoncé samedi avoir tué jusqu’à 150 combattants armés lors d’une frappe aérienne menée le 1er mai près de la frontière entre le Mali et la Mauritanie, dans une zone régulièrement utilisée comme base de repli par les groupes jihadistes du Sahel.

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Mali : l’Africa Corps neutralise environ 150 terroristes près de la Mauritanie
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Selon le communiqué de l’unité paramilitaire affiliée aux forces armées russes, une mission de reconnaissance aérienne avait préalablement détecté un regroupement d’environ 200 combattants circulant à bord de 150 motos, accompagnés de trois pick-up dotés de mitrailleuses lourdes et d’un véhicule équipé d’un canon antiaérien ZU-23. Le groupe aurait franchi la frontière mauritanienne en direction du Mali pour « compenser les pertes subies » par les organisations armées actives sur le territoire malien.

Le bilan revendiqué par Africa Corps fait état de 150 combattants tués, 70 motos détruites et l’ensemble des quatre pick-up armés mis hors de combat. Ces chiffres n’ont pas été confirmés par une source indépendante.

Dans le même communiqué, le groupe russe accuse plusieurs États voisins du Mali de servir de zones de repli aux organisations jihadistes, citant nommément la Mauritanie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso et l’Algérie.

Une riposte après les attaques du 25 avril

L’opération intervient une semaine après une offensive coordonnée du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda) et du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui ont visé simultanément le 25 avril sept localités, dont Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal.

Les assauts ont coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué dans un attentat au véhicule piégé contre sa résidence à Kati, où se trouve la principale base militaire du pays. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 30 avril à Bamako en présence du président de la Transition, Assimi Goïta. Un hélicoptère Mi-8 d’Africa Corps a par ailleurs été abattu à Wabaria pendant la séquence du 25 avril.

Selon les éléments compilés par l’AFP et plusieurs sources hospitalières, les combats ont fait au moins 23 morts civils et militaires aux abords du camp Soundiata Keïta. L’état-major malien a depuis revendiqué « plus de 200 terroristes neutralisés » lors des opérations consécutives à l’offensive.

Désinformation et propagande

Plusieurs comptes pro-russes ont diffusé depuis le 26 avril des bilans bien plus élevés, affirmant notamment que « plus de 1 000 terroristes » auraient été tués lors de la contre-offensive russo-malienne. Une partie de ces publications s’appuie sur des images détournées, dont une vidéo de prisonniers tournée en réalité au Malawi en juillet 2024, selon une vérification de France 24.

Sur le plan diplomatique, le Kremlin a réaffirmé son soutien à Bamako. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que la Russie continuerait, « y compris au Mali, la lutte contre l’extrémisme, le terrorisme et autres manifestations négatives », en réponse à l’appel des rebelles touaregs du FLA exigeant le départ des forces russes du pays.

Le Mali a également quitté le 2 mai le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), structure de coopération sécuritaire créée en 2010 avec l’Algérie, la Mauritanie et le Niger pour coordonner la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique. Le retrait s’inscrit dans la dégradation continue des relations entre Bamako et Alger.

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