Nigeria : l’armée annonce le recrutement de 28 000 soldats supplémentaires
L’armée nigériane va créer sept nouvelles formations militaires dans six États et recruter 28 000 soldats supplémentaires, selon une annonce du chef d’état-major Waidi Shaibu. Cette montée en puissance vise à renforcer la présence opérationnelle du Nigeria sur plusieurs fronts sécuritaires, entre menace jihadiste dans le Nord-Est, banditisme armé dans le Nord-Ouest et tensions sécessionnistes dans le Sud-Est.

Le chef d’état-major de l’armée nigériane, le lieutenant général Waidi Shaibu, a annoncé lundi 18 mai la création de sept nouvelles formations militaires dans six États du Nigeria et un plan de recrutement de 28 000 soldats supplémentaires, lors de l’ouverture de la Première conférence bi-annuelle du chef d’état-major 2026, tenue à Abuja en présence des commandants de formation et des officiers d’état-major, selon le Punch et le Daily Post Nigeria.
Les nouvelles formations comprennent la 15e Brigade et ses unités affiliées dans les États d’Anambra et d’Imo, le 12e Bataillon à Anyigba (État de Kogi), le 226e Bataillon à Ganye (État d’Adamawa), le 247e Bataillon de reconnaissance à Mubi (État d’Adamawa), la Base logistique 4 de l’armée à Gusau (État de Zamfara), la Base logistique 5 à Ilorin (État de Kwara) et l’Opération Savannah Shield dans la zone Centre-Nord. Ces créations visent, selon Shaibu, à « améliorer la présence opérationnelle et améliorer les réponses aux défis sécuritaires émergents ».
Le plan de recrutement de 28 000 militaires supplémentaires est mis en œuvre dans le cadre d’une directive du président Bola Ahmed Tinubu. Pour absorber ces nouvelles recrues, un troisième dépôt d’entraînement a été créé à Amasiri-Edda, dans les zones de gouvernement local d’Afikpo et d’Edda, dans l’État d’Ebonyi. Sa construction, dont la pose de la première pierre a été effectuée le 13 janvier 2026 par le gouverneur de l’État d’Ebonyi, Francis Nwifuru, a été approuvée par Tinubu dans le cadre d’une « répartition équitable des infrastructures militaires » sur l’ensemble du territoire, selon le communiqué de presse de l’armée publié le 14 janvier.
Ce nouveau dépôt porte à trois le nombre de dépôts d’entraînement de l’armée nigériane. Le premier, à Zaria (État de Kaduna), a été fondé en 1924. Le second, à Osogbo (État d’Osun), a été créé en 2025. Le gouverneur Nwifuru avait précisé lors de la cérémonie de janvier que l’installation viserait à accroître la participation des jeunes des États du Sud-Est dans les rangs de l’armée, une région où le recrutement militaire a historiquement été plus faible que dans d’autres zones géographiques, selon des analystes cités par le Guardian Nigeria.
L’aviation de l’armée mise en avant comme multiplicateur de force
Shaibu a souligné lors de son discours d’ouverture la montée en puissance de l’aviation de l’armée de terre, citant comme « jalon opérationnel majeur » la première opération d’insertion et d’extraction de troupes menée par l’aviation de l’armée dans le difficile Tumbutu Triangle, dans le théâtre opérationnel du Nord-Est. Le Tumbutu Triangle est une zone marécageuse à la confluence des frontières du Nigeria, du Niger et du Tchad, dans le bassin du lac Tchad, régulièrement utilisée par les combattants de l’ISWAP comme zone de repli et de transit.
Shaibu a également mentionné l’intensification des opérations conjointes avec des partenaires étrangers, une allusion aux opérations de contre-terrorisme menées avec les États-Unis dans la région de Metele les 15 et 18 mai, lors desquelles plus de 20 combattants de l’ISWAP ont été tués selon les déclarations officielles des deux armées.
L’annonce de 28 000 nouvelles recrues représente une augmentation substantielle des effectifs de l’armée de terre nigériane, estimés entre 100 000 et 120 000 personnels actifs selon les estimations les plus récentes disponibles, dont une évaluation de la Banque mondiale. Le chiffre exact des effectifs actuels de l’armée nigériane n’est pas rendu public officiellement. En novembre 2025, le chef d’état-major général des armées avait déjà annoncé l’ouverture de 24 000 postes militaires supplémentaires. Le plan annoncé lundi porte le total des intentions de recrutement déclarées au cours des six derniers mois à plus de 50 000 personnels, ce qui suggère, selon les analystes, une révision à la hausse du format de l’armée.
L’armée nigériane est simultanément engagée sur plusieurs fronts : contre l’ISWAP et les restes de Boko Haram dans le Nord-Est, contre les bandits armés et les groupes jihadistes naissants dans le Nord-Ouest et le Nord-Centre, et face à la violence liée aux revendications sécessionnistes dans le Sud-Est. Shaibu a également évoqué des améliorations des conditions de vie des troupes, dont la rénovation de logements militaires et la revalorisation des indemnités, comme facteurs contribuant à la disponibilité opérationnelle.