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Janvier 2023, Djogbénou comme Koutché en 2015

Par :

Ange BANOUWIN

publié le

OPINION

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Ange BANOUWIN est journaliste, éditorialiste et écrivain.

C’est l’une des actualités politiques qui aura fait le plus jaser à moins de 6 mois des législatives du 8janvier 2023 au Bénin. Mardi 12 juillet 2022, l’opinion a été médusée par l’annonce de la démission de Joseph Djogbénou. Désormais ex-président de la Cour constitutionnelle du Bénin, élu le 7juin 2018 et entré en fonction le 8 juin 2018, il aura passé 4 ans et 22 jours à la tête de l’institution.

En effet, la veille on eut cru flairer quelque chose, même si dans les tuyaux, la rumeur de ‘’schéma’’ circulait. Avec l’audience avec le chef de l’État sans la moindre déclaration, suivie de celle avec le président de l’Assemblée nationale, c’était anodin.

De mémoire, au Bénin, les audiences entre le chef de l’État en exercice et le président de la Cour constitutionnelle n’interviennent que lorsqu’il y a des sujets de préoccupation nationale, ou si cette dernière veut faire une annonce sur un évènement qui engage l’institution auquel elle compte ‘’officielement’’ par voie de presse engager le président ou le tenir informer.
Mais comme le dit un proverbe bambara : « Si tu vois le margouillat se coudre un pantalon , c’est qu’il a un endroit par où faire sortir sa queue.».

Au point de presse organisé le lendemain suite à sa démission de la présidence de la Cour Constitutionnelle : «Je retourne à ma famille politique et la mienne, c’est l’Union Progressiste. Cette décision est nécessitée par l’appel de la conscience. J’ai souhaité reprendre l’engagement politique là où je l’avais laissé. Je souhaite que l’Union Progressiste accepte mon retour. Je suis candidat à tout ce que mon parti, l’Union Progressiste me confiera.» a-t-il déclaré.

Cette annonce a juste le mérite de lancer les hostilités de la campagne des législatives de janvier prochain en lui donnant un enjeu, après une 8ème législature qui visiblement n’a pas comblé les attentes populaires de la vitalité démocratique au Bénin.

Aussi vient-il relancer le débat sur le pedigree de qui devait siéger dans certaines institutions. Au delà des aptitudes, et proximité, les casiers à cocher avant d’accéder à de hautes juridictions nationales comme la Cour Constitutionnelle émergent pour la sauvegarde de la République, loin du tout politique.

Cependant, comme tout gouvernement a tendance, à contrôler le parlement, mieux quand les élections ont lieu après son installation, pire dans un contexte de second mandat, toute cette orchestration n’aura tout son sens qu’en offrant un véritable jeu démocratique de control du perchoir au parlement.

Son seul mérite serait de redonner du goût à la chose électorale au pays, en ouvrant le jeu politique pour faire revivre l’espérance démocratique.
Un combat dans les urnes et mêmes les antichambres politiques que celui du jeu politique réglé comme sur du papier à musique où, le maître de chœur et les choristes sont connus d’avance.

Et libre cours pour qu’en face, il y ait du répondant ou non.

Offrir de bonnes guerres comme celui de 2015, où Komi Koutché, ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation, était prédestiné par le régime d’alors, pour être président de l’Assemblée nationale ; mais en face, il y avait Adrien Houngbédji et «la télécommande de Paris» qui ont fait le job. Sans oublier l’épique élection de 41 voix contre 42 d’Adrien Houngbédji.

L’autre paire de manches est celle des castings et attelages pour challenger.

Et donc, si avoir Djogbénou en 2023, candidat de la mouvance au pouvoir à la présidence de l’Assemblée, comme Koutché en 2015, se fait de plus en plus plausible ; ce se serait également un test grandeur nature, pour potentiel candidat en 2026 à la présidentielle, après un passage à la Cour Constitutionnelle sans être véritablement porté au sein de l’opinion.

Mais avant, il faudra gagner les élections et mieux faire rêver les populations dans un contexte où la politique intéresse de moins en moins les électeurs, assommés par de multiples crises dont celle de la cherté de la vie.

Alors il faudra y veiller et mieux, travailler. Car :« Si longue et si noire que soit la nuit, il vient toujours une heure où enfin le jour se lève.».

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