
Aucune actualité liée trouvée.

Gildas Agonkan, ambassadeur béninois auprès de la République du Niger
Gildas Agonkan, également connu sous le nom de Gildas Habib Bignon Agonkan, est nommé ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale, le 24 mai 2026. Sa nomination intervient dans un contexte où la défense béninoise est étroitement liée aux enjeux frontaliers, sahéliens et régionaux. Administrateur du développement local, il s’est d’abord fait connaître dans la vie publique par son engagement politique, associatif et parlementaire. Ancien député, il a travaillé sur les questions de décentralisation, de développement local, d’accès à l’eau et d’assainissement, autant de sujets qui l’ont rapproché des réalités des territoires.
Sa trajectoire a ensuite pris une dimension diplomatique avec sa nomination comme ambassadeur du Bénin au Niger. Cette expérience est importante pour un ministre chargé de la Défense nationale : les relations avec Niamey, la sécurité frontalière et la coopération militaire régionale font partie des dossiers qui pèsent sur la stabilité du nord du Bénin. Au sein du gouvernement Wadagni, Gildas Agonkan devra articuler vision politique, coordination présidentielle et impératifs opérationnels. La Défense nationale se trouve au centre d’une équation complexe : protéger le territoire, soutenir les forces armées, coopérer avec les partenaires régionaux et internationaux, et préserver l’ancrage civil de la décision militaire.
Gildas Habib Bignon Agonkan est administrateur du développement local de formation. Son surnom, « Djoblosky » ou « Jobloski » selon les graphies, s’est imposé dans les cercles politiques béninois et lui colle à la peau depuis ses années de militantisme. Il est membre de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), le parti de la majorité présidentielle, dans la 23e circonscription électorale – qui couvre le nord du département du Couffo et une partie du Zou, dans le centre-sud du Bénin.
Sa date de naissance n’est pas documentée dans les sources publiques disponibles.
Sous la 8e législature de l’Assemblée nationale du Bénin (2019-2023), Gildas Agonkan siège comme député de la 23e circonscription électorale sous l’étiquette de l’Union Progressiste, l’un des deux partis de la majorité présidentielle. À l’Assemblée, il prend la présidence du réseau parlementaire sur la Décentralisation et le Développement local – instance informelle mais active qui travaille sur l’articulation entre les politiques nationales et les exécutifs locaux. Il siège également au réseau Eau et Assainissement.
Ces deux engagements thématiques – décentralisation et eau – correspondent à un profil d’élu attentif aux questions d’infrastructure territoriale et de gouvernance locale, cohérent avec sa formation d’administrateur du développement local. Il n’est pas réélu lors des législatives de 2023, ce qui l’oriente vers la carrière diplomatique.
Le 14 juin 2023, le président Patrice Talon le nomme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près la République du Niger. La nomination intervient à un moment exceptionnel : le coup d’État qui renverse Mohamed Bazoum survient le 26 juillet 2023, six semaines seulement après sa désignation. Il est à Cotonou au moment du putsch et ne peut ni présenter ses lettres de créance ni prendre ses fonctions à Niamey.
À l’Assemblée nationale du Bénin, il va rendre une visite protocolaire au président Louis Gbèhounou Vlavonou avant de partir pour Niamey. « J’ai échangé avec un aîné soucieux de la réussite de ma mission au Niger », déclare-t-il à sa sortie d’audience selon le site de l’Assemblée nationale. Il s’arrête aussi aux institutions de la République avant d’entreprendre ses premières démarches vers Niamey dans un contexte diplomatique figé.
Entre juin 2023 et août 2024, Agonkan reste en position diplomatique sans avoir pu prendre officiellement ses fonctions à Niamey. Les tensions entre le Bénin et le Niger, liées à la crise entre la CEDEAO et la junte, puis au différend sur le pipeline, rendent impossible la présentation des lettres de créance dans les formes habituelles.
Le 6 août 2024, il remet finalement les copies figurées de ses lettres de créance au ministre nigérien des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré – soit le même homme qui cosignera quelques mois plus tard les accords pétroliers du 18 mai 2026. Dans un entretien à BIP Radio, Agonkan précise que les démarches avaient été conduites depuis longtemps en parallèle par le ministre Olushegun Bakari, qui avait gardé des contacts directs avec son homologue nigérien. Il reconnaît que les anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, alors en déplacement à Niamey, n’ont pas joué de rôle dans l’aboutissement de la démarche – démentant des informations circulant dans la presse béninoise.
À l’issue de cet entretien, il prédit que le Niger nommera un nouvel ambassadeur au Bénin dans les prochains jours – ce qui s’avère exact lorsque Cotonou reçoit les lettres de créance de Kadade Chaibou le 31 janvier 2025.
Le 1er février 2025, Agonkan participe à Gaya – ville frontalière du Niger, à quelques kilomètres du Bénin – à une cérémonie de remise de diplômes à la 7e promotion de l’Institut International de Santé Koubeyni, parmi lesquels figurent plusieurs étudiants béninois. Dans son discours, il prononce des phrases qui vont provoquer une crise diplomatique : « Le Bénin, par la force des choses, a connu des difficultés avec le Niger. Je voudrais, au nom de tous les Béninois, au nom des autorités du Bénin, demander pardon au peuple nigérien. Des choses se sont passées, des choses graves qui ont engendré des sacrifices ici au Niger, ici à Gaya. »
La déclaration, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, parvient à Cotonou le soir même. Elle est immédiatement perçue comme une reconnaissance implicite de torts que le gouvernement béninois n’a jamais officiellement admis – notamment les accusations nigériennes selon lesquelles le Bénin abriterait des bases militaires utilisées à des fins de déstabilisation. Le Bénin n’a jamais fait ces aveux. L’ambassadeur, lui, vient de les faire publiquement, sans mandat.
Le 13 février 2025, son ministre de tutelle Olushegun Bakari le joint au téléphone et le convoque à Cotonou pour consultations. Il rentre à Cotonou et n’y retourne plus.
Le 12 mars 2025, dans un conseil des ministres présidé par le capitaine Ibrahim Traoré à Ouagadougou, le gouvernement burkinabé valide sa nomination comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin auprès du Burkina Faso – avec résidence à Niamey, cumulant les deux accréditations. Pour Matin Libre, c’est « après le bâton, la carotte » : l’homme rappelé après une faute diplomatique se voit offrir un mandat supplémentaire couvrant un deuxième pays de l’AES.
Mais cette séquence est elle-même de courte durée. En juin 2025, Pravda Niger rapporte que le ministère béninois des Affaires étrangères confirme qu’un nouvel ambassadeur sera prochainement désigné au Niger – mettant officiellement fin aux fonctions d’Agonkan à Niamey. Sa mission sahélienne s’achève sans cérémonie.
Romuald Wadagni le nomme le 24 mai 2026 ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale. Il prend ses fonctions le 26 mai lors d’une cérémonie de passation de charges avec son prédécesseur Fortunet Alain Nouatin, qui aura tenu ce portefeuille pendant huit ans et sept mois sous Talon, en présence du haut commandement militaire conduit par le général Fructueux Gbaguidi.
Le choix est cohérent avec la logique diplomatique du gouvernement Wadagni. Agonkan n’est pas un militaire, pas plus que son prédécesseur Nouatin ne l’était. Mais là où Nouatin gérait la Défense comme un dossier administratif depuis Cotonou, Agonkan connaît les acteurs sahéliens par ses deux années à Niamey – une connaissance de terrain que peu d’autres profils disponibles pouvaient offrir au nouveau président.
Pravda Niger lit sa nomination comme un signal délibéré vers les pays de l’AES : « Il est appelé à devenir un négociateur de la sécurité régionale » plutôt qu’un ministre de la Défense classique. Bénin Web TV observe que « la nomination d’Agonkan à la Défense est lue par plusieurs observateurs comme un choix délibérément orienté vers la dimension diplomatique du dossier sécuritaire. »
La pression sécuritaire au nord du Bénin – incursions de groupes armés dans la zone dite du « Point Triple » à la frontière du Burkina Faso et du Niger depuis 2022, plusieurs dizaines de morts parmi les forces de sécurité béninoises – rend ce dossier urgent. La coopération opérationnelle avec les armées voisines, suspendue depuis les coups d’État, est l’enjeu immédiat de son mandat.
L’incident de Gaya, qui lui avait coûté son poste à Niamey, est ainsi retourné en atout : il a dit publiquement ce que la diplomatie officielle n’osait pas formuler, et il connaît les hommes avec qui le Bénin devra traiter.