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Kassa Mampo, Secrétaire général de la centrale syndicale PH: DR
Nagnini Kassa Mampo est un syndicaliste béninois, secrétaire général confédéral de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB). Élu à la tête de l’organisation en septembre 2017, puis reconduit en août 2023, il s’est imposé comme l’un des porte-voix les plus constants du mouvement syndical béninois. Son parcours mêle l’école, l’administration publique, le militantisme étudiant, les luttes locales à Natitingou et la défense des travailleurs au niveau national.
Nagnini Kassa Mampo naît le 12 décembre 1962 à Bocrona-Pouya, dans la commune de Natitingou, au nord du Bénin. Il fait ses études primaires dans son village natal, où il obtient le CEPE en 1975, avant de rejoindre le Collège d’enseignement secondaire de Natitingou, devenu CEG 1 de Natitingou. Il y décroche le BEPC en 1979 puis le baccalauréat en 1983.
Après le bac, il effectue le service patriotique au CEG de Djougou, en 1983-1984. Il y enseigne les mathématiques et la physique-chimie au premier cycle, tout en occupant les fonctions de surveillant général adjoint. Cette première expérience dans l’éducation annonce une trajectoire professionnelle qui restera liée à l’école et à la formation.
En 1984, il rejoint l’Université nationale du Bénin, campus d’Abomey-Calavi, où il s’inscrit en physique-chimie à la Faculté des sciences, arts et techniques. Son cursus est interrompu en mai 1985, dans le contexte de la grève générale des étudiants. Arrêté pendant cette période de tensions politiques, il passe environ cinq ans en détention avant de retrouver Natitingou après l’amnistie de 1989. Il poursuivra ensuite sa formation et obtiendra une maîtrise en philosophie.
De retour dans l’Atacora, Kassa Mampo travaille dans des structures locales d’insertion et de développement. Entre 1995 et 1999, il est notamment assistant du coordonnateur départemental de la Coordination des initiatives de projets d’emplois nouveaux. En 1999, il intègre la fonction publique après son admission au concours de recrutement des instituteurs bacheliers. Il est ensuite en service à l’Institut national de formation et de recherche en éducation (INFRE).
Son engagement syndical se construit progressivement à partir de cette double expérience : celle de l’enseignant confronté aux réalités du service public et celle du militant formé aux mobilisations étudiantes et locales. Il devient secrétaire général départemental du SYNAPRIM, puis responsable de l’Union syndicale départementale de l’Atacora-Donga et de l’Atacora. Au fil des années, il se rapproche du sommet de la CSTB, jusqu’à devenir secrétaire général adjoint lors du congrès extraordinaire du 19 octobre 2013 à Cotonou.
Le 9 septembre 2017, à l’issue du cinquième congrès ordinaire de la CSTB tenu à la Bourse du travail de Cotonou, Kassa Mampo est élu secrétaire général de la confédération. Il succède à Paul Essè Iko, dont il était l’adjoint, et prend la direction d’un bureau appelé à conduire l’organisation pour un mandat de cinq ans.
Cette élection ne constitue pas une rupture brutale. Elle prolonge une ligne syndicale déjà marquée par la contestation sociale, la défense du droit de grève et la critique des restrictions pesant sur les travailleurs. La CSTB, créée en avril 1982 et devenue confédération en 2000, revendique une tradition de syndicalisme de lutte. Kassa Mampo en devient l’un des visages les plus identifiables dans l’espace public béninois.
À la tête de la CSTB, Kassa Mampo défend une lecture exigeante du rapport entre l’État, les employeurs et les travailleurs. Ses interventions reviennent régulièrement sur la liberté syndicale, la négociation collective, le pouvoir d’achat, le droit de grève, la protection des agents publics et la place du travail dans les choix budgétaires.
Son style tient à une constante : faire de la question sociale un sujet politique central. Qu’il s’agisse des enseignants, des agents publics, des travailleurs du privé ou du secteur informel, il ramène les réformes gouvernementales à leurs conséquences concrètes sur les salaires, les libertés et les conditions de travail. Cette posture lui vaut une forte visibilité, mais aussi des tensions récurrentes avec les pouvoirs publics.
Le 25 août 2023, lors du sixième congrès ordinaire de la CSTB, il est reconduit au poste de secrétaire général confédéral. Le nouveau Comité confédéral national élu autour de lui affiche alors l’objectif de consolider l’organisation dans tous les secteurs et de renforcer sa capacité de mobilisation.
En 2025, Kassa Mampo se retrouve de nouveau au cœur de l’actualité syndicale après son interpellation, avec d’autres responsables de la CSTB, dans le contexte des activités du 1er mai à Cotonou. Après sa libération, il dénonce une logique d’intimidation et affirme que la centrale avait accompli les formalités liées à sa manifestation.
En avril 2026, à l’approche de la fête du Travail, il appelle encore les travailleurs du public, du privé, du formel et de l’informel à se mobiliser pour la restauration des libertés syndicales, du droit de grève et du droit de manifestation. Quelques semaines plus tard, la CSTB critique la disparition du ministère du Travail dans le premier gouvernement de Romuald Wadagni et le rattachement de la Fonction publique au ministère des Finances, une évolution que Kassa Mampo juge préoccupante pour les travailleurs.
Plus qu’un simple responsable d’organisation, Kassa Mampo représente une continuité dans l’histoire récente du syndicalisme béninois. Son itinéraire part d’un village de Natitingou, passe par les mouvements étudiants des années 1980, traverse les structures de développement local, l’enseignement public et les unions syndicales départementales, avant d’aboutir à la direction nationale de la CSTB.
Cette trajectoire explique sa place singulière dans le débat public. Kassa Mampo parle depuis une histoire personnelle marquée par l’école, le militantisme et la contestation. À la tête de la CSTB, il a fait de cette expérience un langage syndical : rappeler aux gouvernants que la performance économique ne se mesure pas seulement aux chiffres, mais aussi à la capacité d’un pays à protéger ceux qui travaillent.
