

ministre du Numérique et de la Digitalisation Aurélie Adam Soulé Zoumarou
PH: Présidence Bénin
Aurélie Ignace Adam Soulé, épouse Zoumarou, fait partie des figures techniques les plus constantes de l’équipe gouvernementale béninoise. Nommée pour la première fois ministre de l’Économie numérique et de la Communication en octobre 2017, elle est restée sans interruption à la tête du secteur numérique, devenu depuis le ministère du Numérique et de la Digitalisation.
Son parcours est celui d’une spécialiste des télécommunications et des politiques publiques, passée par le secteur privé, la régulation et les instances internationales avant d’intégrer le gouvernement. En près de neuf ans, elle s’est imposée comme l’un des visages de la stratégie numérique du Bénin.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou est née le 11 avril 1983 à Nikki, dans le département du Borgou, au nord-est du Bénin. Son parcours académique est fortement orienté vers les télécommunications, les technologies de l’information et les politiques publiques.
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Elle est ingénieure Télécoms et TIC, diplômée de Télécom Sud Paris, grande école française spécialisée dans les technologies numériques. Elle est également titulaire d’un certificat en gestion des politiques publiques et leadership obtenu à la Maxwell School of Citizenship and Public Affairs de l’Université de Syracuse, aux États-Unis.
Depuis août 2017, elle est engagée dans un doctorat en sciences de l’information et de la communication à l’Université Bordeaux Montaigne. Sa thèse porte sur l’analyse des politiques d’expansion des réseaux de télécommunication et des services TIC dans les zones rurales en Afrique, un sujet directement lié aux défis d’inclusion numérique sur le continent.
Avant son entrée au gouvernement, Aurélie Adam Soulé Zoumarou s’est également distinguée à l’international. Elle est lauréate du programme Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders en 2015, une initiative lancée sous l’administration du président américain Barack Obama pour former et mettre en réseau de jeunes leaders africains.
Cette distinction a contribué à renforcer son profil de jeune cadre africaine spécialisée dans les enjeux technologiques, les politiques publiques et le développement.
Le parcours professionnel d’Aurélie Adam Soulé Zoumarou commence dans le secteur des télécommunications en France. Elle travaille d’abord chez SFR, avant de rejoindre Accenture France comme consultante en systèmes d’information.
De retour au Bénin en 2008, elle intègre l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste. Au sein de l’ARCEP Bénin, elle intervient notamment sur la gestion des radiocommunications et des fréquences radio. Elle représente aussi le Bénin et l’Afrique dans des cadres techniques internationaux, notamment à la Conférence mondiale des radiocommunications de l’Union internationale des télécommunications en 2015.
Elle rejoint ensuite la GSMA Afrique comme Senior Policy Manager. Dans cette fonction, elle travaille sur des enjeux de connectivité mobile et d’accès aux services numériques, dans un contexte où des centaines de millions d’Africains restent encore privés d’accès régulier à internet et aux services mobiles.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou est nommée ministre de l’Économie numérique et de la Communication en octobre 2017 par le président Patrice Talon. Elle succède alors à Rafiatou Monrou.
En septembre 2019, à la faveur d’un remaniement, son portefeuille change d’intitulé pour devenir le ministère du Numérique et de la Digitalisation. Elle est reconduite à ce poste en mai 2021, au début de la deuxième mandature de Patrice Talon, puis maintenue dans la dynamique gouvernementale engagée autour de la transformation numérique du pays.
La vision portée par Aurélie Adam Soulé Zoumarou repose sur une ambition claire : faire du numérique un levier de transformation de la vie des citoyens, des entreprises et de l’administration publique. Son ministère met particulièrement l’accent sur les usages numériques dans trois secteurs prioritaires : l’éducation, la santé et l’agriculture.
L’objectif affiché est de positionner le Bénin comme une plateforme de services numériques de référence en Afrique de l’Ouest. Cette orientation passe à la fois par la modernisation des infrastructures, la digitalisation de l’administration, le développement des services en ligne et la promotion de l’innovation locale.
Le projet Smart Gouvernement, souvent présenté comme l’un des axes majeurs de la transformation numérique du pays, vise à dématérialiser progressivement les procédures administratives et à rendre l’administration plus accessible, plus rapide et mieux interconnectée.
Ce programme s’inscrit dans le Programme d’action du gouvernement depuis 2016 et se poursuit dans le cycle 2021-2026. Sa mise en œuvre repose notamment sur l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique, bras opérationnel du ministère dans plusieurs projets de modernisation.
La digitalisation de l’administration béninoise s’est également traduite par la mise en place d’un portail national des services publics. Cette plateforme permet aux citoyens d’accéder à diverses démarches administratives en ligne, avec pour objectif de réduire les délais, de limiter les intermédiaires et d’améliorer la traçabilité des procédures.
Cette évolution marque un changement important dans la relation entre l’État et les usagers. Elle vise à rapprocher l’administration des citoyens, tout en améliorant l’efficacité des services publics.
Dans le cadre du Projet d’appui à la réforme et à la modernisation de l’administration publique, conduit avec l’appui du PNUD, le Bénin a aussi développé des Centres communaux de services publics. La première phase du programme a permis la mise en place de 28 centres opérationnels sur le territoire national, ainsi que le déploiement de plusieurs systèmes d’information dans les ministères.
La deuxième phase, prévue sur la période 2025-2026, doit permettre d’ouvrir de nouveaux centres, de renforcer le suivi des dossiers de carrière et de pension, et d’améliorer l’archivage électronique. Ces projets traduisent la volonté d’étendre la modernisation administrative au-delà des grandes villes.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou a également porté des initiatives en faveur de l’innovation et de l’entrepreneuriat numérique. Dès 2018, elle lance le label Benin Start-Up Week, conçu comme un cadre de promotion des startups béninoises auprès des acteurs publics, privés et internationaux.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de structuration de l’écosystème numérique local. Elle vise à donner davantage de visibilité aux jeunes entreprises innovantes et à encourager leur participation à la transformation digitale du pays.
Sur le plan international, Aurélie Adam Soulé Zoumarou siège ou intervient dans plusieurs cadres consacrés au numérique et au développement. Elle est membre de la Commission Haut Débit des Nations Unies pour le développement durable et participe aux travaux du groupe des Nations Unies sur le financement numérique des Objectifs de développement durable.
Elle représente également régulièrement le Bénin dans les forums de l’Union internationale des télécommunications, notamment sur les questions de connectivité, d’inclusion numérique et d’accès aux services digitaux.
Le gouvernement béninois a prévu de consacrer 16,4 milliards de francs CFA à la digitalisation des services publics dans le budget 2025-2026. Ces ressources doivent accompagner plusieurs projets, dont la modernisation de l’administration, le renforcement des plateformes numériques et la digitalisation de secteurs stratégiques, notamment celui des médias publics.
Cette orientation confirme la place du numérique comme levier de gouvernance, de transparence administrative et de développement économique.
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis demeurent. L’inclusion numérique en zone rurale reste l’un des principaux enjeux. L’accès aux réseaux, aux équipements, aux compétences numériques et aux services en ligne n’est pas encore uniforme sur l’ensemble du territoire.
La pérennisation financière des systèmes déployés constitue aussi un défi important. Une partie des projets bénéficie encore de l’appui de partenaires extérieurs, notamment le PNUD, la GIZ ou la Banque mondiale. Le maintien, la maintenance et l’actualisation des plateformes numériques nécessitent donc des ressources durables et des compétences locales renforcées.
À la tête du numérique béninois depuis 2017, Aurélie Adam Soulé Zoumarou apparaît comme une ministre de continuité dans un secteur hautement stratégique. Son profil d’ingénieure, son expérience dans la régulation et son ouverture internationale lui donnent une place particulière dans la transformation de l’administration et de l’économie numérique du Bénin. Son action reste associée à la digitalisation des services publics, à l’innovation, à la connectivité et à l’ambition de faire du Bénin une référence numérique en Afrique de l’Ouest.