Ouganda : vives polémiques après l’achat de limousine pour le président et le vice-président du parlement
Des dirigeants de l’opposition ougandaise ont vivement condamné mardi la décision du gouvernement de Kampala d’acheter des limousines pour la présidente du Parlement et son adjoint alors que la population peine sous le joug d’une forte inflation.

Des dirigeants de l’opposition ougandaise ont vivement condamné mardi la décision du gouvernement de Kampala d’acheter des limousines pour la présidente du Parlement et son adjoint alors que la population peine sous le joug d’une forte inflation.
L’Ouganda et ses 45 millions d’habitants sont durement touchés par les retombées de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine, qui a fait s’envoler les prix. L’achat des deux limousines pour un total de 2,4 milliards de shillings (environ 600.000 euros) a suscité une forte colère populaire.
« Comment pouvons-nous dépenser 2,4 milliards pour acheter deux véhicules pour permettre à la présidente et au vice-président du Parlement d’assister à des cérémonies alors que des millions d’Ougandais s’endorment la faim chevillée au corps, que le peuple ne peut pourvoir à ses besoins essentiels ? » a déclaré à l’AFP Bobi Wine, l’un des principaux opposants au chef de l’Etat Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.
L’ancien chanteur entré en politique a reproché à M. Museveni de ne pas « donner la priorité aux souffrances des Ougandais ». Jusque-là, le président a préféré appeler ses concitoyens à vivre avec frugalité plutôt que de baisser les impôts et d’augmenter les aides de l’Etat pour les plus vulnérables, comme de nombreuses voix l’y appellent.
Autre figure de l’opposition, Kizza Besigye, a jugé « scandaleux » l’achat des deux limousines. « Il est clair que ce gouvernement est un gouvernement parasite et qu’il doit être stoppé », a dit à l’AFP M. Besigye, qui fait l’objet de poursuites judiciaires pour « incitation à la violence » après avoir appelé la population à manifester contre l’inflation.
« La colère de la population est déplacée », a au contraire fait valoir Prossy Akampurira Mbabazi, élue du Parlement et membre du parti au pouvoir. « Les voitures qu’utilisaient la présidente et le vice-président [du APrlement] avaient dix ans et devaient être remplacées », a-t-elle dit à l’AFP.
Interrogé par l’AFP, Julius Mukanda, directeur général de CSBAG, une coalition d’organisations de la société civile surveillant l’utilisation des fonds publics, a jugé l’achat des deux véhicules de « mauvais goût » compte tenu de l’appel à la frugalité lancé par M. Museveni.
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