La mémoire du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 continue d’alimenter les débats académiques en Afrique. Le 1er mars 2025, des universitaires et intellectuels africains se sont retrouvés à Dakar pour poursuivre la réflexion sur cette tragédie, autour du thème : « Thiaroye 44 : Quelles leçons pour l’Afrique ? ».
Parmi les panélistes, le Professeur Abiola a représenté l’Académie nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) et l’Université de Parakou, apportant une voix béninoise à ce débat mémoriel.
Devant un auditoire composé principalement d’élèves des lycées et collèges, le débat a permis de revisiter l’une des pages les plus tragiques de l’histoire coloniale africaine.
Les tirailleurs sénégalais, après avoir combattu aux côtés des Français lors des deux guerres mondiales, espéraient regagner leur terre natale avec dignité. Mais, le 1er décembre 1944, ces soldats africains furent froidement abattus par l’armée française pour avoir revendiqué leurs arriérés de solde.
Le Professeur Abiola a souligné que cette tragédie symbolise le mépris dont furent victimes les combattants africains, malgré leur contribution héroïque à la lutte contre le nazisme.
Déconstruire pour construire
Lors de son intervention, le Professeur Abiola a présenté son concept « Déconstruire pour construire », plaidant pour une réécriture de l’histoire africaine débarrassée des récits condescendants.
Il a démontré, à travers quatre indicateurs, que le moment était venu pour l’Afrique de se réapproprier son histoire et de bâtir une mémoire collective libérée des stéréotypes coloniaux.
Le modérateur du panel, le Professeur Babacar Fall, a salué la pertinence de cette approche, estimant que l’intervention du Professeur Abiola avait jeté les bases d’une réflexion structurée pour les générations futures.
La rencontre s’est conclue par un appel à l’action, exhortant les gouvernements africains, les institutions académiques et la société civile à s’engager dans une stratégie panafricaine d’émancipation. Les participants ont également soutenu la déclaration du colloque de Parakou, qui plaide pour une reconnaissance officielle et des réparations pour les crimes coloniaux.
Ils ont souhaité la création d’un réseau d’intellectuels panafricanistes chargé de suivre la mise en œuvre progressive du concept Déconstruire/Construire, dans l’objectif de rétablir une mémoire historique plus juste et de contribuer à l’émancipation du continent africain.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à éveiller la conscience collective africaine et à poser les bases d’une réconciliation mémorielle.