« La démission de Djogbénou installe le Bénin dans une situation juridique paradoxale », Géraldo Gomez
Le mardi 12 Juillet 2022, le président de la cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou a déposé sa démission. Le départ de l’universitaire de la prestigieuse institution défraie depuis quelques jours la chronique. Dans une analyse, Géraldo Gomez de l’USL, le parti politique de Sébastien Ajavon, pense que cette démission plonge le pays dans une situation juridique paradoxale.
Géraldo Gomez – Acteur politique
Ph: BWT
Le départ de Joseph Djogbénou à moins d’un an de la fin de son mandat à la tête de la cour constitutionnelle continue d’alimenter l’actualité nationale. Dans une analyse publiée sur sa page Facebook, Géraldo Gomez, secrétaire général adjoint chargé des questions stratégiques du parti union sociale libérale (USL) expose les problèmes juridiques que pose cette démission de l’universitaire.
Dans son développement, le jeune acteur politique revient sur le processus qui a conduit à l’installation de Me Joseph Djogbénou comme président de la cour constitutionnelle. Il rappelle qu’au moment de sa nomination alors qu’il est ministre de la justice, il n’a pas été nommé par le président de la République, mais curieusement par le Bureau de l’Assemblée Nationale.
« Il se retrouvera à la tête de l’institution au sein de laquelle il est nommé pour y valider les mêmes lois dont il aurait été porteur et que l’assemblée nationale qui l’aura nommé, a généreusement adoptées« , analyse l’acteur politique.
Quel est le sens et quelles pourraient être les conséquences d’une telle démission?
Si Géraldo Gomez estime que le professeur Joseph Djogbénou a le droit de démissionner de sa fonction de président de la cour constitutionnelle, il s’intéresse néanmoins sur le sens de cette démission et quelles en pourraient être les éventuelles conséquences.
Pour lui, la démission de Joseph Djogbénou vient installer le Bénin, de façon définitive et absolue, dans une situation juridique paradoxale. Une situation qu’il qualifie d’illégalité et d’illégitime.
En effet, Joseph Djogbénou, aux dires de Géraldo Gomez était encore jusque-là le seul président d’une institution tirant la légitimité de sa nomination d’une autre institution dûment installée et dont le suffrage qui a porté les membres dans leurs fonctions n’est point contesté. « Je le rappelais ci-dessus: il fut désigné par l’Assemblée Nationale alors dirigée par Adrien HOUNGBEDJI, une mandature législative qui n’a pris fin qu’en 2019 avec les premières élections troubles depuis celle de 2016« , insiste l’homme politique.