Togo : l’UMT radie l’imam de Kpalimé et ferme provisoirement la mosquée centrale

L’Union Musulmane du Togo a radié l’imam de la mosquée centrale de Kpalimé et fait fermer provisoirement l’édifice après des violences survenues pendant la prière du vendredi 15 mai 2026. La décision intervient dans un conflit ancien au sein de la communauté musulmane locale, marqué par des tensions sur la gouvernance et la gestion d’institutions religieuses. L’UMT dit vouloir prévenir de nouveaux affrontements et favoriser un règlement pacifique. Une réunion tenue à Lomé le 20 mai a réuni plusieurs responsables religieux autour de la préservation de la paix sociale et du respect des institutions.

Le à · MàJ le
Société
275vues
Togo : l’UMT radie l’imam de Kpalimé et ferme provisoirement la mosquée centrale
Publicité
3 min de lecture
Lire en anglais
Google News

L’Union Musulmane du Togo (UMT) a prononcé la radiation définitive de l’imam de la mosquée centrale de Kpalimé, Malam Salifou Moussa, et ordonné la fermeture provisoire de l’édifice, selon une note officielle signée par le président national de l’organisation, El Hadj Inoussa Bouraïma, rendue publique le 22 mai 2026. La fermeture a été exécutée sous surveillance des forces de sécurité, à la demande de l’UMT auprès du préfet de Kloto.

Kpalimé est le chef-lieu de la commune de Kloto 1, dans la région des Plateaux, à environ 120 kilomètres au nord-ouest de Lomé. La mosquée centrale, inaugurée au quartier Zongo, est le principal lieu de culte musulman de la ville et dispose d’une capacité d’environ 1 500 places.

Les décisions de l’UMT font suite à des altercations physiques survenues à l’intérieur même de la mosquée lors de la prière du vendredi 15 mai 2026, au cours desquelles Malam Salifou Moussa a été agressé physiquement, selon le site d’information Togo 24. Un conflit entre deux blocs rivaux au sein de la communauté musulmane locale courait depuis plusieurs années. « Cette décision est irrévocable », a déclaré El Hadj Inoussa Bouraïma, dont les propos ont été rapportés par le site Republic of Togo.

L’UMT reproche à l’imam des actes répétés de défiance envers la hiérarchie de l’organisation et un comportement jugé de nature à alimenter les tensions. L’organisation a justifié la fermeture provisoire de la mosquée par la nécessité de créer les conditions d’un règlement pacifique de la crise et de prévenir tout risque d’affrontement entre fidèles.

Un conflit aux racines institutionnelles

La crise opposait deux camps autour de la gouvernance des instances musulmanes préfectorales. Une large partie de la communauté – composée de théologiens, de sages et de chefs de quartier – contestait les modalités de désignation du bureau préfectoral de l’UMT de Kloto, estimant que le processus avait été conduit sous influence de la préfecture. Le président national de l’UMT avait reconnu, à l’époque, avoir sollicité l’appui logistique de la préfecture lors de ce processus. Le préfet de Kloto avait rejeté toute accusation d’ingérence.

Le volet éducatif a aggravé les tensions à partir de l’année scolaire 2022-2023, lors du remplacement de Malam Salifou Moussa – qui dirigeait l’Institut culturel islamique SACOFA depuis plus de vingt ans – à la tête de l’établissement. La succession avait été contestée par la majorité des leaders religieux locaux, qui dénonçaient une violation des procédures internes. L’établissement s’était retrouvé avec deux directeurs revendiquant simultanément sa direction à la rentrée 2023-2024, situation symptomatique de la fracture entre les deux blocs.

Le conflit s’est cristallisé autour d’une ligne de partage entre ceux qui revendiquent une gestion fondée sur les prérogatives locales et ceux qui s’appuient sur les structures nationales de l’UMT.

Une réunion nationale convoquée à Lomé

Face à la gravité des événements, l’UMT a organisé le 20 mai 2026 une réunion à la Maison du Hadj à Lomé, conduite par l’imam Ali Sossah. Plusieurs imams de la préfecture du Golfe ont pris part aux échanges, consacrés à la préservation de la paix sociale et au respect des institutions de l’organisation.

Les responsables religieux réunis ont rappelé la nécessité de préserver le vivre-ensemble au sein de la communauté musulmane togolaise. Les musulmans représentent entre 14 et 20 % de la population du Togo, selon les estimations disponibles.

La communauté musulmane de Kpalimé avait été éprouvée par une autre crise en 2021, lorsque des actes de profanation de corans et d’incendies de mosquées à Lomé avaient suscité un appel à la retenue de l’UMT à l’ensemble des fidèles du pays.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité