Présidentielle 2027 au Nigeria : le PDP, principal parti d’opposition, s’enfonce dans la guerre des factions
Au Nigeria, la faction du PDP soutenue par Nyesom Wike a lancé à Abuja ses auditions de sélection des candidats à la présidentielle et aux gouvernorats pour les élections de 2027. Cette initiative se déroule en parallèle d’un processus concurrent mené par une autre aile du parti, illustrant la crise profonde qui divise la principale formation d’opposition à l’approche de l’échéance électorale.

La faction du Parti démocratique du peuple (PDP) soutenue par le ministre du Territoire de la capitale fédérale, Nyesom Wike, a ouvert jeudi 14 mai 2026 à l’annexe du secrétariat national du PDP, Legacy House, dans le quartier de Maitama à Abuja, les auditions de sélection des candidats au gouvernorat à midi et des candidats à la présidence à 14h, selon un communiqué signé par Chinwe Nnorom, directrice nationale de la communication, au nom de Jungudo Mohammed, secrétaire national à la communication. Ces opérations sont coordonnées par le Comité national de travail (NWC) présidé par Abdulrahman Mohammed. Le comité de sélection présidentielle est dirigé par l’ancien gouverneur de l’État d’Abia, Okezie Ikpeazu, avec Hassan Sokodobo comme secrétaire.
La faction concurrente du PDP, soutenue par le gouverneur d’Oyo, Seyi Makinde, et le gouverneur de Bauchi, Bala Mohammed, conduit de son côté un processus de sélection distinct selon un calendrier propre, entre le 15 et le 18 mai 2026, avec des tarifs de formulaires différents. Cette dualité illustre la scission profonde qui traverse le principal parti d’opposition nigérian depuis 2024-2025, avec deux comités nationaux de travail revendiquant chacun la légitimité du PDP et deux calendriers de primaires soumis séparément à la Commission électorale indépendante nationale (INEC). La Cour suprême du Nigeria avait été saisie de recours liés à cette dispute factionnelle, dont les décisions n’avaient pas encore été rendues publiques à la date de publication du présent article.
Les deux factions du PDP opèrent sous la pression d’un délai fixé par l’INEC. Conformément à l’article 84 de la loi électorale de 2026, tous les partis politiques doivent soumettre leurs listes de candidats avant le 30 mai 2026. Pour la faction Wike, le calendrier prévoit la tenue des primaires présidentielles les 17 et 18 mai, celle du gouvernorat le 27 mai, celles des représentants le 21 mai, du Sénat le 23 mai et des assemblées d’État le 25 mai. Ces délais ne laissent que quelques semaines entre la fin des sélections et la soumission des candidats à l’INEC.
Pour la faction Makinde, les sélections s’étendent du 15 au 18 mai, avec une convention nationale spéciale fixée au 30 mai pour ratifier les candidats — soit le jour même de l’échéance de l’INEC. La soumission des candidats auprès de l’INEC est prévue entre fin juin et mi-juillet pour cette faction, selon Nigeria Info FM, ce qui suggère qu’elle anticipe la résolution judiciaire du conflit interne en sa faveur, ou que les deux factions espèrent obtenir chacune une reconnaissance légale.
Des tarifs de candidature très divergents
Les deux factions ont également fixé des barèmes de formulaires distincts, révélateurs de leur positionnement politique. La faction Wike a arrêté le formulaire présidentiel à 51 millions de nairas (50 millions pour la nomination, 1 million pour l’expression d’intérêt), celui du gouvernorat à 21 millions de nairas et celui du Sénat à 6 millions, selon Businessday NG. La faction Makinde a quant à elle fixé le formulaire présidentiel à 100 millions de nairas, celui du gouvernorat à 40 millions, le Sénat à 10 millions et la Chambre des représentants à 7 millions, selon Nigeria Info FM. Les deux factions prévoient une dispense de la part nomination pour les candidates féminines ; la faction Makinde annonce également une réduction de 50 % pour les jeunes et les personnes en situation de handicap.
Au niveau des assemblées, les sélections se tenaient également le 14 mai dans les États, en parallèle des opérations abujaises, pour les aspirants aux Chambres d’assemblée d’État. La sénatrice du district sénatorial de Kogi Central, Nathaniel Ihejirika Akpoti-Uduaghan, a déclaré à l’issue de sa sélection qu’elle était « heureuse d’avoir accompli avec succès l’exercice de sélection » dans le cadre des primaires sénatoriales 2027. Muhammed Abdullahi dit « Elephant », aspirant pour le district sénatorial de Kogi Est, a indiqué avoir été sélectionné et déclaré éligible à participer à la primaire. Dans l’État de Cross River, 45 aspirants aux postes de l’Assemblée nationale et des assemblées d’État avaient déjà été sélectionnés en vue des primaires fixées au 21 mai.
La multiplication des processus internes au PDP s’inscrit dans un calendrier électoral national fixé par l’INEC. Les élections présidentielle et législatives sont prévues le 16 janvier 2027, tandis que les élections gubernatoriales et aux assemblées d’État sont fixées au 6 février 2027. Le président sortant Bola Tinubu, de l’All Progressives Congress (APC), a fait connaître son intention de se représenter pour un second mandat. Du côté de l’opposition, des personnalités comme l’ancien vice-président Atiku Abubakar, actif dans la compétition interne du PDP, l’économiste Mohammed Hayatu-Deen sous la bannière de l’ADC et d’autres aspirants contribuent à une configuration préélectorale qui demeure en cours de structuration.
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