Nigeria : Iroro Tanshi lauréate africaine du prix Goldman «Nobel Vert» 2026

Le prestigieux Goldman Environmental Prize, souvent surnommé le « Prix Nobel vert », a distingué cette année une écologue nigériane pour l’Afrique. Iroro Tanshi, chercheuse engagée, reçoit cette récompense pour son travail de protection d’une petite chauve‑souris menacée, Hipposideros curtus, dans le sud-est du Nigeria.

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Nigeria : Iroro Tanshi lauréate africaine du prix Goldman «Nobel Vert» 2026
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La nouvelle l’a prise par surprise. Invitée par téléphone alors qu’elle dormait l’après‑midi, elle raconte avoir d’abord cru à un rêve avant de mesurer l’ampleur de la reconnaissance. L’émotion l’a submergée et elle n’a pas pu retenir ses larmes.

Son action s’est concentrée autour de la réserve d’Afi Mountain Wildlife Sanctuary, dans l’État de Cross River, où elle a remis en lumière cette espèce dont les populations pâtissent de la destruction des lieux de vie. Les enquêtes et les discussions menées sur le terrain ont rapidement identifié une source majeure de dégradation : les incendies d’origine humaine.

Plutôt que des mesures uniquement techniques, elle et son équipe ont choisi d’impliquer directement les riverains. Informations sur le changement climatique, échanges avec les chefs locaux et sessions de formation pour les agriculteurs ont été organisés pour réduire les pratiques qui favorisent les départs de feu.

Préserver la forêt pour sauver des espèces… et des moyens d’existence

Pour contrer les incendies, des brigades volontaires de lutte contre le feu ont été formées. Entre 2022 et 2025, ces patrouilles ont détecté et maîtrisé plus de soixante‑dix foyers avant qu’ils ne dégénèrent, empêchant des sinistres qui auraient pu anéantir des secteurs sensibles de la réserve.

La protection des colonies de Hipposideros curtus ne se limite pas au seul intérêt d’une espèce. Les chauves‑souris assurent un service écosystémique précieux en consommant de grandes quantités d’insectes nuisibles aux cultures. Des études montrent que leur présence réduit fortement le besoin en pesticides, ce qui se traduit par des économies importantes pour les agriculteurs et une meilleure sécurité alimentaire pour les populations locales.

En tenant compte des retombées sociales, la démarche d’Iroro Tanshi a contribué à préserver les récoltes et les moyens de subsistance d’environ 27 000 personnes réparties dans seize communautés voisines, en limitant les destructions causées par les feux.

Son organisation, la Small Mammal Conservation Organisation (SMACO), cherche désormais à diffuser ce modèle au‑delà du Nigeria. Elle a lancé l’initiative « Tropical Fire Alliance » pour promouvoir des stratégies de prévention et d’intervention adaptées aux forêts tropicales, avec l’ambition de réduire les émissions de carbone liées aux incendies et de permettre aux forêts de redevenir de véritables puits de carbone.

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