Espagne : le président de Ceuta appelle à confiner les migrants avant leur expulsion
Dix jours après l’arrivée massive de migrants venus du Maroc, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, propose de limiter la liberté de mouvement de ceux qui se trouvent encore dans l’enclave espagnole. Selon les autorités locales, entre 8 000 et 11 000 personnes seraient toujours sur place, tandis que le gouvernement central met en avant le regroupement familial pour les mineurs.

Le 30 et le 31 juillet, environ 72 000 personnes sont arrivées à Ceuta depuis le Maroc, d’après le gouvernement espagnol. Madrid affirme que la plupart d’entre elles sont reparties rapidement, mais le président de l’enclave avance une estimation de 8 000 à 11 000 migrants encore présents sur le territoire.
Lors d’une conférence de presse lundi 10 août, Juan Jesús Vivas a déclaré que leur liberté de mouvement devrait être restreinte jusqu’à l’instruction et à la finalisation de leur dossier d’expulsion. Il a proposé l’aménagement d’un espace fonctionnant comme un centre de rétention, où les migrants pourraient être regroupés et confinés.
Le dirigeant, membre du Parti populaire, principale formation de droite en Espagne, a qualifié la situation de « intenable » et d’« inacceptable ». Il réclame un « plan d’État » destiné à rétablir le fonctionnement normal de l’enclave, située sur la côte nord de l’Afrique et séparée du territoire espagnol continental.
Le gouvernement central privilégie le regroupement familial des mineurs
Le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, s’est rendu à Ceuta lundi, mais n’a pas annoncé de nouvelles expulsions. Il a plutôt insisté sur la nécessité de mettre en œuvre le regroupement familial pour les migrants mineurs arrivés dans l’enclave.
Les autorités espagnoles ont par ailleurs renforcé les dispositifs de sécurité. Des effectifs supplémentaires de la Garde civile, de la police et de l’armée ont été mobilisés, selon le ministre.
Ces annonces interviennent après une manifestation organisée dimanche à Ceuta. La mobilisation a réuni environ 5 000 personnes d’après la police, qui demandaient aux autorités de prendre des mesures face à la situation migratoire dans l’enclave.
Le dossier oppose désormais le gouvernement central de Pedro Sánchez, dirigé par la gauche, au président de Ceuta, qui fait pression pour des mesures de confinement et d’éloignement. Les modalités juridiques d’une éventuelle restriction collective des déplacements n’ont pas été précisées.
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