Zamboï : après l’éboulement meurtrier, les failles de sécurité des sites miniers artisanaux pointées du doigt
Un glissement de terrain survenu mardi 18 août 2026 sur le site aurifère de Zamboï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, a relancé les inquiétudes sur les conditions de sécurité dans les mines artisanales de la région. Le bilan humain reste disputé : les autorités centrafricaines ont fait état d’au moins 49 morts, tandis que des acteurs locaux évoquent un bilan bien plus lourd, de plusieurs centaines de victimes, sans que ce chiffre ait été confirmé officiellement.

Sur les sites d’exploitation semi-mécanisée, les entreprises n’ont souvent pas rebouché les trous après leur passage, ce qui accroît le risque d’éboulement, explique Justin Fokoa, responsable du programme Forêts et développement rural (Foder). Or, précise-t-il, « c’est sur ces sites qu’on retrouve beaucoup d’artisans miniers ».
« Bien sûr que ça nous a fait paniquer », confie un orpailleur camerounais interrogé sur place. « Nous vivons cela de temps en temps, mais cette fois-ci, c’est énorme. » L’absence de balisage des zones dangereuses et le manque de stabilisation des parois dans les secteurs les plus critiques aggravent encore le risque d’accidents, selon les acteurs du secteur.
Aladji Mahamadou Bâ, propriétaire du site minier de Zamboï côté camerounais, affirme imposer ses propres limites de profondeur. « Dès que vous entrez dans les trous et qu’il y a du monde, vous arrêtez. Ici, nous sommes à moins de dix mètres de profondeur. Si ça dépasse dix mètres, j’arrête, parce qu’il est question de la vie des gens », explique-t-il.
Fermeture provisoire du site côté centrafricain
Côté centrafricain, le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam-Beltoungou, a annoncé la fermeture provisoire du site. Un incident similaire s’était déjà produit à la mine de Bé-Mbari, également à la frontière camerounaise, à la mi-juin 2026.
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