Uranium dans les exportations de cobalt : la RDC annonce des vérifications et sollicite l’AIEA

Le gouvernement congolais a réagi aux révélations faisant état de la présence de quantités importantes d’uranium dans des cargaisons de cobalt exportées vers la Chine. Kinshasa conteste toutefois la portée des conclusions scientifiques publiées dans Nature Communications et annonce une campagne d’analyses contradictoires.

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Dans un communiqué daté du jeudi 6 août, le ministère congolais de la Communication indique avoir pris acte de l’étude publiée le 30 juillet. Le document estime néanmoins que ses résultats comportent des « limites méthodologiques », notamment parce qu’ils reposent sur une modélisation et non sur des mesures directes effectuées sur les cargaisons exportées.

Les autorités affirment également que leurs propres analyses ne confirment pas les tendances présentées dans l’étude. Selon le ministère, l’examen de la composition minérale des produits miniers destinés à l’exportation ne permet pas, à ce stade, d’établir les conclusions avancées par les chercheurs.

Le gouvernement prévoit l’ouverture d’une campagne de vérification analytique contradictoire. Il annonce aussi la création d’un groupe de travail interministériel chargé d’évaluer les éventuels risques sanitaires et environnementaux liés à la présence d’uranium dans les minerais exportés. Un rapport est attendu dans un délai de 60 jours.

Kinshasa demande un appui technique international

La République démocratique du Congo souhaite par ailleurs solliciter l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour une mission d’appui technique. Les modalités et le calendrier de cette intervention n’ont pas encore été précisés.

Les révélations à l’origine de la controverse proviennent d’une enquête menée par Lighthouse Reports, en collaboration avec Le Monde et le Financial Times. S’appuyant notamment sur l’étude publiée dans Nature Communications, les journalistes estiment qu’entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium auraient été exportées vers la Chine au cours des vingt dernières années avec le cobalt, présenté comme le principal produit des cargaisons.

L’enquête évoque la présence d’uranium comme « sous-produit du cobalt ». Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, une mesure directe de l’ensemble des volumes exportés, ce que souligne le gouvernement congolais. Lighthouse Reports a annoncé la préparation d’un second volet de ses investigations.

Le groupe minier chinois CMOC, cité dans l’enquête en raison de ses activités sur le site de Tenke Fungurume, dans la province du Lualaba, a rejeté les accusations de dépassement des seuils d’uranium. L’entreprise avait contesté ces allégations quelques jours avant la publication du communiqué des autorités congolaises.

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