Sénégal : 220,7 milliards de FCFA de la Banque mondiale pour trois projets prioritaires
Le Sénégal et la Banque mondiale ont formalisé un ensemble de financements d’un montant global de 220,7 milliards de FCFA, soit environ 388,5 millions de dollars. Les ressources sont destinées à renforcer la réponse aux situations d’urgence, désenclaver les zones de production agricole et soutenir le développement économique de la Casamance et de l’Est du pays.

Le Sénégal renforce son partenariat financier avec la Banque mondiale. Trois accords représentant au total 220,7 milliards de FCFA, soit environ 388,5 millions de dollars, ont été signés pour accompagner plusieurs priorités de développement, selon les informations communiquées jeudi 6 août 2026 par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
Les financements portent sur trois axes : le renforcement des capacités nationales de réponse aux situations d’urgence, l’amélioration de la connectivité des zones agricoles du nord et du centre du pays ainsi que l’accélération du développement économique en Casamance et dans la région de Kédougou.
Une partie importante de l’enveloppe concerne les infrastructures routières. La Banque mondiale avait approuvé en juillet un financement additionnel de 140 millions de dollars, mobilisé à travers l’Association internationale de développement (IDA), pour le Projet de connectivité des zones de production agricoles dans le Nord et le Centre du Sénégal.
275 kilomètres de routes et pistes supplémentaires
Ce financement doit permettre la construction de 171 kilomètres de routes revêtues et 104 kilomètres de pistes en latérite, notamment sur les corridors Koussanar-Koumpentoum et Tambacounda-Dianké Makha. Ces axes traversent des zones où l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités économiques.
Le projet prévoit également des infrastructures économiques et sociales à proximité des nouveaux axes. Il s’agit notamment de plateformes de transformation agricole destinées aux femmes, d’installations de stockage, d’espaces marchands, de points d’eau ainsi que d’équipements scolaires et sanitaires. Environ 221 000 personnes supplémentaires devraient être directement reliées aux marchés régionaux et aux services essentiels grâce à cette nouvelle phase.
Avec ce financement additionnel, le montant global consacré au projet de connectivité atteint 470,8 millions de dollars. Les travaux déjà réalisés ont permis, selon la Banque mondiale, de construire ou de réhabiliter 414 kilomètres de routes et d’améliorer l’accès aux services pour quelque 350 000 personnes.
Un deuxième accord porte sur le Projet de développement économique de la Casamance (PDEC). La Banque mondiale avait approuvé fin juin un financement additionnel de 40 millions de dollars, portant l’investissement total dans ce programme à 85 millions de dollars. Environ 850 000 personnes en Casamance et à Kédougou sont concernées.
En Casamance, les interventions comprennent notamment la réhabilitation de routes rurales, la modernisation des systèmes d’irrigation, le développement des chaînes de valeur agricoles et le renforcement de l’état civil. À Kédougou, le programme doit financer des infrastructures scolaires résilientes, améliorer la mobilité rurale et développer des formations professionnelles destinées notamment aux jeunes et aux femmes.
Le projet mise également sur l’entrepreneuriat local et les secteurs à fort potentiel de création d’emplois. L’agriculture, la pêche, les mines et le tourisme figurent parmi les activités identifiées pour favoriser une meilleure intégration économique de ces territoires.
Le troisième volet des accords concerne le renforcement de la capacité du Sénégal à faire face aux situations d’urgence et aux chocs. Les informations communiquées par les autorités sénégalaises ne détaillent pas encore, dans les éléments disponibles, la ventilation de cette composante ni les mécanismes qui seront mobilisés.
Ces nouveaux financements interviennent alors que Dakar et la Banque mondiale cherchent à mieux aligner leur portefeuille de projets sur les priorités de la stratégie Sénégal 2050. Lors d’une mission en février, les deux parties avaient notamment identifié l’agriculture, l’énergie, la santé, l’eau et le numérique parmi les secteurs dans lesquels des ressources supplémentaires pourraient être mobilisées.
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