Afrique : Africa50 vise au moins 20 milliards $ de projets d’infrastructures en cinq ans
Africa50, investisseur panafricain dans les infrastructures basé à Casablanca, veut porter à au moins 20 milliards de dollars, au cours des cinq prochaines années, la valeur cumulée des projets qu’il cofinance sur le continent, a déclaré sa directrice des opérations Tshepidi Moremong dans un entretien publié mardi 8 septembre.

Selon les données communiquées à Reuters, l’institution a jusqu’ici co-investi dans 36 projets représentant environ 9 milliards de dollars, dans l’électricité, les transports, la logistique, les infrastructures numériques et d’autres secteurs. Africa50 a engagé environ 500 millions de dollars de fonds propres dans ces opérations.
Tshepidi Moremong estime que le portefeuille peut désormais doubler, voire tripler en valeur. L’objectif affiché est d’atteindre au moins 20 milliards de dollars de projets co-investis sur cinq ans, avec une priorité donnée aux domaines où les besoins de financement restent les plus importants, en particulier la production et le transport d’électricité.
Cette montée en puissance intervient alors que les besoins d’infrastructures demeurent considérables en Afrique, notamment dans l’énergie, les corridors de transport et les réseaux numériques. Africa50, créée par des États africains et la Banque africaine de développement, a pour mandat de transformer ces besoins en projets bancables capables d’attirer des capitaux publics et privés.
Le groupe a renforcé ces derniers mois plusieurs de ses véhicules d’investissement. Lors du forum Infra for Africa organisé en août à Dar es Salaam, British International Investment a engagé 20 millions de dollars dans l’Africa50 Infrastructure Acceleration Fund, portant les engagements de ce fonds à environ 330 millions de dollars. Africa50 a aussi annoncé de nouveaux partenariats dans l’énergie, la transmission électrique et la santé en Tanzanie.
L’électricité et les grands réseaux au centre des priorités
L’un des projets cités par Africa50 est le partenariat de 311 millions de dollars conclu avec le gouvernement kényan et PowerGrid Corporation of India pour développer des lignes électriques à haute tension sous forme de partenariat public-privé. L’institution est également engagée dans des projets de production d’électricité au Nigeria, en Égypte, au Cameroun et à Madagascar.
En Afrique de l’Ouest, Africa50 exploite aussi le pont de Sénégambie, qui relie le Sénégal et la Gambie. Le modèle prévoit la perception de péages en échange de la maintenance et de la modernisation de l’infrastructure, ainsi que des paiements aux autorités publiques. D’après Tshepidi Moremong, cette activité de gestion d’actifs pourrait à terme représenter entre un cinquième et un quart du portefeuille du groupe.
La plateforme poursuit parallèlement la mobilisation de capitaux pour des projets climatiques. En août, son fonds de développement de projets de l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique a reçu 50 millions de dollars supplémentaires de la Cassa Depositi e Prestiti italienne et de Proparco. Ce véhicule vise à faire émerger des projets suffisamment préparés pour attirer ensuite des financements privés de plus grande ampleur. Cette mobilisation complète le fonds d’Africa50 consacré aux énergies renouvelables décentralisées, qui a sécurisé 71 millions de dollars d’engagements début septembre.
Créée en 2015, Africa50 compte aujourd’hui 38 actionnaires, dont 33 États africains, la Banque africaine de développement, la BCEAO, Bank Al-Maghrib, la Public Investment Corporation sud-africaine et Africa Re. En août, l’institution indiquait que l’Africa50 Infrastructure Acceleration Fund totalisait environ 330 millions de dollars d’engagements après l’entrée de British International Investment.
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