Pétrole canadien : l’Asie pourrait absorber 70 % des exportations après l’expansion de Trans Mountain

L’Asie, emmenée par la Chine, pourrait absorber 70 % des exportations canadiennes de pétrole brut à l’issue de l’expansion prévue du réseau Trans Mountain d’ici fin 2028, a estimé mardi 8 septembre 2026 son directeur général, Mark Maki. La projection accompagne une hausse programmée de la capacité du seul grand oléoduc canadien donnant un accès direct aux marchés asiatiques depuis la côte Pacifique.

Publié le à
Economie
55vues
Pétrole canadien : l’Asie pourrait absorber 70 % des exportations après l’expansion de Trans Mountain
Publicité
3 min de lecture
Google NewsCommenter

Le réseau Trans Mountain, qui relie l’Alberta à la Colombie-Britannique, dispose actuellement d’une capacité d’environ 890 000 barils par jour. Il a atteint sa pleine capacité pour la première fois en juin, alors que la production pétrolière canadienne devrait dépasser cette année le record de 5,3 millions de barils par jour enregistré en 2025.

Selon Mark Maki, une première optimisation doit ajouter environ 90 000 barils par jour au quatrième trimestre 2026, puis 210 000 barils supplémentaires d’ici la fin de 2028. En cumulé, ces travaux porteraient la capacité du système à près de 1,19 million de barils par jour, soit environ un tiers de plus qu’aujourd’hui.

Environ deux tiers des navires quittant actuellement le terminal maritime de Westridge, à Burnaby, se dirigent déjà vers l’Asie. Le dirigeant de Trans Mountain s’attend à ce que l’essentiel des volumes additionnels trouve également preneur sur ce continent, avec la Chine comme premier débouché et une progression attendue des achats en Inde, au Japon, en Corée du Sud, au Vietnam et en Thaïlande.

Cette orientation prolonge une diversification amorcée avec la mise en service de l’extension Trans Mountain en mai 2024. La Régie de l’énergie du Canada estime que le projet a presque triplé la capacité du réseau, à 890 000 barils par jour, et a fortement accru les possibilités d’exportation maritime depuis l’Ouest canadien.

Le Canada cherche davantage de débouchés hors des États-Unis

Le pétrole canadien reste historiquement très dépendant du marché américain. Selon les données fédérales, plus de 95 % des exportations de brut du pays étaient encore dirigées vers les États-Unis en 2024, même si l’ouverture de la nouvelle capacité vers le Pacifique a déjà fait progresser la part des autres destinations.

Les premiers flux maritimes issus de l’expansion ont surtout profité à la Chine, mais aussi à Singapour et à d’autres marchés. Le gouvernement canadien a par ailleurs annoncé en juillet un projet de nouvel oléoduc entre l’Alberta et la côte Pacifique, destiné à accroître encore la capacité d’accès aux marchés mondiaux.

Cette stratégie prend une importance supplémentaire dans un contexte de tensions commerciales avec Washington et de recherche de nouveaux partenaires. Ottawa cherche à réduire sa vulnérabilité à un seul débouché pour ses matières premières, tout en augmentant les recettes tirées de ses exportations énergétiques.

Une demande asiatique soutenue par les tensions au Moyen-Orient

La demande asiatique pour le brut canadien bénéficie aussi des perturbations qui touchent les approvisionnements du Moyen-Orient. Les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz ont renforcé l’intérêt de certains acheteurs asiatiques pour des sources d’approvisionnement alternatives.

La projection de 70 % reste toutefois une estimation du dirigeant de Trans Mountain et dépendra de l’achèvement des travaux, de la demande asiatique, de la production canadienne et des conditions du marché mondial. La montée en puissance du corridor Pacifique confirme néanmoins que le Canada dispose désormais d’une voie d’exportation plus importante vers l’Asie qu’avant 2024.

Articles liés

Commentaires

Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.

Merci pour votre lecture — publicité
© 2026 BENIN WEB TV