L’IA pourrait faire gagner un siècle en dix ans aux pays en développement, selon la Banque mondiale
La Banque mondiale estime que l’intelligence artificielle pourrait accélérer considérablement le développement des pays à revenu faible ou intermédiaire, jusqu’à leur faire accomplir en dix ans des progrès qui auraient nécessité un siècle. Cette perspective reste toutefois conditionnée à des investissements importants dans l’électricité, la connectivité, les compétences et les infrastructures numériques.

L’IA est souvent présentée comme un moyen d’améliorer rapidement l’accès à l’éducation, aux soins de santé ou aux services agricoles. Elle pourrait notamment faciliter la diffusion de contenus éducatifs, soutenir le diagnostic médical, améliorer la gestion des cultures et renforcer l’efficacité des administrations.
Mais les pays en développement abordent cette transformation avec des bases technologiques encore fragiles. En Afrique subsaharienne, un tiers des écoles rurales ne disposent pas d’un approvisionnement stable en électricité. Plus des deux tiers n’ont pas accès à une connexion internet fiable, selon les données citées par la Banque mondiale.
L’électricité et internet, conditions préalables
Dans ces conditions, le déploiement de solutions d’intelligence artificielle ne peut pas reposer uniquement sur la disponibilité des logiciels ou des modèles. Leur utilisation suppose des réseaux électriques fiables, des équipements adaptés, une connexion internet accessible ainsi que des compétences capables de concevoir, d’utiliser et de contrôler ces outils.
La Banque mondiale met ainsi en garde contre une approche qui présenterait l’IA comme une solution automatique aux difficultés de développement. Sans investissements dans les infrastructures et la formation, les bénéfices de cette technologie pourraient rester concentrés dans les zones déjà les mieux équipées et accentuer les écarts entre territoires.
L’enjeu concerne également la qualité des données et l’adaptation des outils aux réalités locales. Des systèmes conçus à partir de données peu représentatives des populations africaines ou des économies rurales pourraient produire des résultats moins pertinents dans la santé, l’éducation ou l’agriculture.
Pour les pays en développement, l’intelligence artificielle constitue donc à la fois une opportunité d’accélération et un défi d’équipement. La rapidité des gains dépendra de leur capacité à renforcer les infrastructures numériques, élargir l’accès à l’électricité et former les utilisateurs, tout en mettant en place des règles encadrant l’usage de ces technologies.
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