Tchad: N’Djamena dénonce une nouvelle incursion de l’armée soudanaise sur son sol

Le Tchad a dénoncé, samedi 22 août 2026, une nouvelle incursion de l’aviation soudanaise sur son territoire, après des frappes aériennes signalées dans la soirée du jeudi 20 août dans le département de Mourdi, en province de l’Ennedi-Est, à la frontière avec le Soudan. Selon l’état-major général des armées tchadiennes, des drones et des avions attribués aux Forces armées soudanaises ont poursuivi et bombardé, sur une centaine de kilomètres en territoire tchadien, des colonnes de véhicules parties de Libye. Aucune victime n’a été signalée côté tchadien, mais N’Djamena a placé ses forces en alerte maximale et mis en garde les belligérants du conflit soudanais contre toute extension des hostilités sur son sol.

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Composées de plus d’une dizaine de véhicules et en provenance de Libye, ces colonnes se dirigeaient vers le Soudan lorsqu’elles ont été prises pour cible en se repliant à Erdi Ma, un plateau désertique situé aux confins des frontières tchadienne, soudanaise et libyenne, a précisé l’état-major tchadien, selon des propos rapportés par RFI. Des images satellite analysées par l’organisation de veille en source ouverte AfriMEOSINT font état d’au moins 39 impacts et foyers d’incendie de véhicules dans la zone, selon le site d’information Tchadinfos. Aucune perte humaine n’a été enregistrée du côté tchadien.

Dans un communiqué, l’état-major général des armées a condamné « avec force » cette « nouvelle violation de l’intégrité territoriale » et mis les belligérants « fermement en garde » contre toute extension du conflit soudanais au Tchad. Les forces armées tchadiennes ont été placées en alerte au niveau le plus élevé. L’Assemblée nationale a, de son côté, condamné cette incursion dimanche, selon l’agence de presse Xinhua.

L’identité des occupants des véhicules visés n’a pas été précisée par les autorités tchadiennes. Le chercheur tchadien Remadji Hoinathy avance, dans des propos rapportés par RFI, l’hypothèse de combattants d’origines diverses – tchadiens, libyens et soudanais – qui faisaient route vers le Soudan pour renforcer les Forces de soutien rapide (FSR), la faction paramilitaire dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, opposée à l’armée soudanaise depuis avril 2023.

Une zone frontalière sous tension

Selon Remadji Hoinathy, la zone d’Erdi Ma est « infestée d’éléments armés », impliqués notamment dans l’orpaillage clandestin ou liés au commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne, Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen. Les Forces de soutien rapide font régulièrement appel à des hommes armés se prêtant au mercenariat, précise le chercheur, pour qui l’ampleur de cette incursion de l’armée soudanaise en territoire tchadien est inédite et relance la question du positionnement de N’Djamena dans le conflit soudanais.

Un précédent meurtrier en mars

Le Tchad partage environ 1 300 kilomètres de frontière poreuse avec le Soudan et accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés ayant fui la guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide. Cette nouvelle incursion intervient cinq mois après une frappe de drone en provenance du Soudan qui avait fait plusieurs morts dans la région de Tiné, dans l’est du Tchad, en mars 2026, un épisode qui avait déjà conduit N’Djamena à placer son armée en alerte maximale.

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