Soudan : accord avec l’Arabie saoudite, Riyad en quête de stabilité

Alors que la guerre au Soudan se prolonge depuis plus de trois ans, Khartoum et Riyad ont signé, le 17 août, un accord instituant un Conseil suprême de coopération et de coordination stratégique. Ce rapprochement confirme l’intensification des relations entre l’Arabie saoudite et l’armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, dans un conflit où les alliances régionales évoluent.

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Soudan : accord avec l’Arabie saoudite, Riyad en quête de stabilité
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Le texte prévoit la création d’un mécanisme destiné à structurer la coopération entre les deux pays. Les modalités détaillées de son fonctionnement et les secteurs concernés n’ont pas été précisées dans les informations disponibles, mais l’accord donne un cadre officiel aux relations bilatérales entre Riyad et les autorités militaires soudanaises.

Depuis le début de la guerre, en avril 2023, l’armée soudanaise affronte les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemeti ». Le conflit a provoqué une grave crise humanitaire et déplacé des millions de personnes. Il a également transformé le Soudan en terrain de rivalités diplomatiques et militaires entre puissances régionales.

Riyad affiche un rapprochement avec le camp d’al-Burhan

L’Arabie saoudite entretient des relations étroites avec les autorités militaires soudanaises. Le prince héritier Mohammed ben Salmane avait notamment rencontré Abdel Fattah al-Burhan à Charm el-Cheikh, en Égypte, en novembre 2022, avant le déclenchement de la guerre.

La signature du nouvel accord intervient alors que les deux camps soudanais cherchent à consolider leurs soutiens extérieurs. L’armée d’al-Burhan bénéficie de relations avec plusieurs États de la région, tandis que les FSR sont régulièrement associées à des réseaux de soutien et d’approvisionnement transfrontaliers. Ces accusations font l’objet de contestations et ne permettent pas, à elles seules, d’établir la responsabilité des différents acteurs.

Riyad a également cherché à se positionner comme un interlocuteur dans les efforts de médiation sur le conflit soudanais. Avec les États-Unis, le royaume avait accueilli des discussions entre les belligérants à Jeddah. Ces initiatives n’ont toutefois pas permis jusqu’ici de mettre fin durablement aux combats.

La création d’un Conseil suprême de coopération et de coordination stratégique pourrait donc renforcer le dialogue politique entre l’Arabie saoudite et les autorités liées à l’armée soudanaise. Elle ne constitue pas, en l’état, une annonce d’alliance militaire formelle ni la preuve d’un engagement opérationnel saoudien dans le conflit. L’impact concret de l’accord dépendra de son contenu, de ses mécanismes d’application et de la position de Riyad vis-à-vis des négociations de paix.

Marc Lavergne, directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste du Soudan et de la région du Golfe, analyse ce rapprochement entre les deux pays et ses implications pour l’évolution de la guerre soudanaise.

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