RDC : les ADF accusées d’avoir tué au moins 114 civils en juillet
Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusées d’avoir tué au moins 114 civils en juillet 2026 dans l’est de la République démocratique du Congo, selon un rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu publié le 18 août par l’institut congolais Ebuteli. Près de la moitié des tueries recensées pendant le mois leur sont attribuées.

Le Baromètre a documenté 247 incidents sécuritaires en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, soit son plus faible niveau depuis la reprise du suivi en octobre 2025. Cette baisse des affrontements n’a pas amélioré la protection des habitants : 203 enlèvements ont été enregistrés, un record en hausse de 41 % sur un mois.
Dans le seul territoire de Mambasa, en Ituri, Ebuteli attribue aux ADF la mort d’au moins 49 civils. Le rapport cite notamment des attaques à Makumo, Mununzei et Njiapanda les 21 et 22 juillet, ainsi qu’à Kalunga, dans le territoire de Beni, le 15 juillet et sur le site minier de Mungu Iko le 31 juillet.
Selon Ebuteli, aucune offensive ciblant les ADF n’a été lancée depuis la reconfiguration, en juin, du commandement de l’opération conjointe Shujaa menée par les armées congolaise et ougandaise. L’institut estime dès lors que les tueries de civils ne peuvent plus être expliquées uniquement comme des représailles à une pression militaire immédiate.
Des bilans locaux encore provisoires
Radio Okapi, média soutenu par les Nations unies, a confirmé plusieurs attaques dans le territoire de Mambasa. Le 23 juillet, la radio faisait état d’au moins 16 morts à Mandeite et Njiapanda, en précisant que le bilan restait provisoire et que l’accès à la zone était difficile en raison de la présence d’assaillants.
Les décomptes publiés juste après certaines attaques ont varié selon les sources locales. Le total mensuel d’Ebuteli repose sur un travail de collecte et de triangulation mené par un réseau de points focaux, mais il doit rester présenté comme un bilan documenté par l’institut, et non comme un chiffre judiciaire définitif.
En mai 2026, Amnesty International avait déjà documenté une campagne d’attaques contre des civils attribuées aux ADF, comprenant des homicides, des enlèvements, du travail forcé et des violences sexuelles. L’organisation estime que certains de ces actes peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Les ADF sont un groupe armé d’origine ougandaise lié à l’organisation État islamique. Les armées de la RDC et de l’Ouganda mènent contre elles l’opération Shujaa depuis novembre 2021, principalement dans les territoires de Beni, Irumu et Mambasa.




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