Nigeria : un colonel dit avoir préparé un putsch en 2025 par « patriotisme »
Le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, poursuivi pour son implication présumée dans un projet de coup d’État au Nigeria, a déclaré aux enquêteurs avoir agi par « patriotisme » et pour provoquer un changement politique. Ses déclarations, publiées par le média nigérian Premium Times, éclairent les motivations avancées par l’un des principaux accusés.

Six militaires à la retraite et civils sont poursuivis devant la justice fédérale dans cette affaire. Par ailleurs, 36 militaires en service au moment des faits ont été jugés par une cour martiale en mai 2026, mais cette instance n’a pas encore rendu ses conclusions.
Interrogé entre octobre et novembre 2025, le colonel Ma’aji, âgé de 50 ans, a expliqué que le projet aurait commencé à prendre forme en 2023, à la fin de la présidence de Muhammadu Buhari. Il a évoqué une corruption et un népotisme devenus, selon lui, « un fait quotidien ».
L’officier a également mis en avant la dégradation de la situation sécuritaire, marquée par la mort régulière de militaires et de civils. Il a affirmé avoir espéré une réaction des hauts gradés, avant de conclure que la hiérarchie militaire n’avait pas agi.
Un projet organisé à partir de 2023
Selon les déclarations rapportées par Premium Times, Mohammed Ma’aji aurait ensuite cherché à identifier d’autres militaires partageant ses positions et à réunir des fonds pour soutenir le projet. L’ancien ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, aujourd’hui en fuite selon les éléments rapportés, lui aurait remis 294 000 dollars.
Les réunions destinées à élaborer un plan auraient commencé à la fin de l’année 2024. D’après le colonel, les réformes engagées par le président Bola Tinubu auraient contribué à accroître la colère des personnes impliquées.
Le parquet accuse les 36 militaires d’avoir conspiré « entre eux pour faire la guerre contre l’État afin d’intimider le président de la République fédérale ». Cette qualification constitue l’accusation de l’État et n’a pas encore été établie par une décision judiciaire définitive.
Mohammed Alhassan Ma’aji plaide non coupable, comme les autres personnes mises en cause. Il a déclaré aux enquêteurs que les officiers impliqués étaient animés par l’amour du Nigeria et le souhait de voir émerger un pays plus prospère. La procédure judiciaire se poursuit, tandis que les conclusions de la cour martiale restent attendues.
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