Nigeria : Atiku réclame des comptes sur les économies de la subvention carburant
Le candidat de l’African Democratic Congress à la présidentielle nigériane de 2027, Atiku Abubakar, a demandé dimanche 13 septembre au président Bola Tinubu de rendre compte de l’utilisation des économies liées à la suppression de la subvention sur le carburant, sur fond de nouvelle menace de grève dans les universités publiques.

Dans un communiqué transmis par son conseiller à la communication Phrank Shaibu, l’ancien vice-président affirme que la réforme avait été présentée comme un moyen de dégager des ressources supplémentaires pour l’éducation, la santé et les infrastructures. Il estime que la persistance des tensions dans les universités justifie une clarification publique sur l’affectation de ces fonds.
L’Academic Staff Union of Universities a averti vendredi qu’elle pourrait relancer une grève nationale si les autorités fédérales et les États ne règlent pas rapidement plusieurs dossiers en suspens. Son président, Chris Piwuna, cite notamment l’application incomplète de l’accord conclu en décembre 2025, le paiement de trois mois et demi de salaires encore retenus et le versement de retenues effectuées sur les rémunérations des enseignants.
Atiku Abubakar soutient que les ménages ont déjà absorbé le coût de la suppression de la subvention à travers la hausse des prix du carburant, des transports et d’autres dépenses courantes. Il demande donc à l’exécutif de détailler les économies réellement réalisées et leur utilisation, sans avancer de montant vérifié dans sa déclaration de dimanche.
La contestation intervient alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 est déjà engagée. Atiku figure sur la liste finale des 18 candidats publiée par la Commission électorale nationale indépendante, ce qui donne à son intervention une portée directement politique au-delà du conflit social dans les universités.
L’ASUU a reconnu que l’administration Tinubu avait réglé quatre mois sur les sept mois et demi de salaires retenus sous l’ancien gouvernement. Le syndicat affirme toutefois que trois mois et demi restent dus et que l’application de l’accord de décembre 2025 demeure incomplète dans plusieurs établissements.
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