Mali : un véhicule Kamikaze envoyé chez Assimi Goïta

Au Mali, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a levé le voile, hier mercredi 6 mai 2026, sur les attaques coordonnées du 25 avril dernier. Selon elle, il s’agissait d’une tentative « vaine et désespérée » de déstabilisation de l’État, visant directement les plus hautes autorités de la transition.

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Sécurité
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Mali : un véhicule Kamikaze envoyé chez Assimi Goïta
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Les militaires ont révélé l’identification de deux véhicules kamikazes : l’un destiné au domicile du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et l’autre à la résidence du chef de l’État, le général Assimi Goïta. Selon les informations de la DIRPA, ce vaste complot a bénéficié de complicités internes et externes, avec plus de 10 000 combattants mobilisés.

Face à ces tentatives de déstabilisation, la riposte des forces armées maliennes a été qualifiée d’exceptionnelle et vigoureuse. Plusieurs centaines de terroristes auraient été neutralisés et d’importants lots de matériel saisis ou détruits. Grâce à une synergie efficace entre les troupes au sol et les moyens de surveillance aérienne — drones et avions — des axes stratégiques sont restés praticables.

« S’agissant de l’attaque lâche et barbare perpétrée le samedi 25 avril 2026 à Bamako et dans plusieurs régions de notre pays, nous pouvons dire que ces attaques s’inscrivent dans une tentative vaine et désespérée de déstabilisation de l’État par les terroristes et leurs sponsors », a déclaré un responsable militaire. Selon lui, ces « sponsors », à la fois internes et externes, avaient orchestré un projet visant directement les autorités maliennes. Les terroristes auraient notamment activé plusieurs véhicules kamikazes : un premier destiné au domicile du ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général d’armée Sadio Camara, et un second visant la résidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.

Les autorités assurent toutefois que la promptitude et la réactivité des forces armées ont permis de contenir la menace et de désamorcer les véhicules piégés. Les responsables militaires estiment par ailleurs que l’ampleur de l’attaque et les modes opératoires employés démontrent l’existence de soutiens venus de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Ils ont également dénoncé une « cabale médiatique » similaire, selon eux, à celle observée lors de la crise de 2012.

Toujours selon la DIRPA, certaines spéculations médiatiques récentes autour de la situation sécuritaire à Bamako rappellent les campagnes d’information ayant précédé la dégradation sécuritaire de 2012. Cette fois, affirment les autorités, les forces maliennes « n’ont pas cédé » face à ces pressions.

Une attaque lâche et barbare

Le samedi 25 avril 2026 a constitué l’une des journées les plus sombres de l’histoire récente du Mali. Dès 5h30 du matin, une offensive coordonnée d’une ampleur inédite depuis 2012 a frappé simultanément Bamako, Kati, Kidal, Gao, Mopti et Sévaré, ciblant le cœur même de l’appareil d’État malien. L’assaut a été revendiqué par une alliance inédite entre le Groupe de Soutien de l’Islam et des Musulmans (GSIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda, et le Front de Libération de l’Azawad (FLA), mouvement indépendantiste touareg.

Les terroristes ont eu recours à un arsenal diversifié : véhicules kamikazes, engins explosifs improvisés, drones kamikazes, tirs indirects et attaques frontales contre des positions militaires stratégiques. Parmi les cibles visées figuraient la résidence du chef de l’Etat Assimi Goïta , le siège du ministère de la Défense, l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako, la base aérienne 101 de Sénou et surtout le camp Soundiata Keïta de Kati, principale base militaire du pays, frappé dès l’aube par un attentat au véhicule piégé. La ville de Kidal est passée entièrement sous le contrôle du FLA et du GSIM, faisant d’elle la seule localité où les insurgés ont annoncé leur intention de tenir leur position.

La perte la plus lourde pour Bamako a été la mort du général Sadio Camara, ministre de la Défense et numéro deux du régime, figure clé de l’alliance avec la Russie. Selon le récit officiel, sa résidence a été détruite par l’attentat kamikaze ; il aurait engagé les assaillants avant d’être grièvement blessé et transporté à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures. L’explosion a également détruit une mosquée voisine, causant la mort de plusieurs fidèles qui s’y trouvaient. Le gouvernement de transition a officiellement annoncé 16 blessés civils et militaires, un bilan jugé très en deçà de la réalité par de nombreux observateurs.

En réponse, les autorités maliennes ont instauré un couvre-feu de 72 heures dans le district de Bamako, déployé des hélicoptères des FAMa au-dessus de la capitale et relevé le niveau d’alerte sécuritaire sur l’ensemble du territoire. Assimi Goïta s’est adressé à la Nation dans les jours suivants, tandis que le gouvernement décrétait un deuil national. Le Tribunal militaire de Bamako a par la suite annoncé l’implication de militaires radiés ou en instance de radiation, ainsi que d’hommes politiques et d’un militaire à la retraite qui seraient en complicité interne dans l’organisation de l’offensive.

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