Kenya : à Nairobi, 45 % des oiseaux migrateurs sont en déclin, selon BirdLife
BirdLife International a présenté vendredi 11 septembre à Nairobi, au Kenya, son rapport State of the World’s Birds 2026, consacré cette année aux espèces migratrices. Selon les données compilées par l’organisation, 45 % des espèces d’oiseaux migrateurs dans le monde voient leurs populations diminuer, tandis qu’environ une espèce sur neuf est menacée d’extinction.

L’évaluation porte sur 1 843 espèces migratrices. BirdLife indique que 30 % présentent des populations stables, 14 % sont en progression et 11 % disposent encore de tendances insuffisamment connues. Les reculs sont particulièrement marqués chez les limicoles migrateurs, dont 54 % déclinent, et chez les oiseaux marins migrateurs, touchés à hauteur de 49 %.
Le rapport a été dévoilé lors du Global Flyways Summit, organisé dans la capitale kényane. Le rendez-vous réunit des responsables publics, des scientifiques, des organisations de conservation et des institutions financières autour de la protection des grandes voies migratoires qui relient les zones de reproduction, de repos et d’hivernage.
L’Afrique au cœur d’une grande voie migratoire
L’Afrique occupe une place centrale dans ce dispositif. La voie Afrique-Eurasie relie l’Arctique, l’Europe, le Moyen-Orient et le continent africain jusqu’à son extrémité australe. BirdLife estime qu’elle est empruntée par plus de deux milliards d’oiseaux migrateurs et qu’elle concerne plus de 500 espèces.
Les principales pressions identifiées sont la perte et la dégradation des habitats, l’intensification agricole, les changements climatiques, les espèces invasives ainsi que la chasse et les prélèvements non durables. Les oiseaux dépendant des milieux marins, des forêts et des zones humides côtières figurent parmi les groupes les plus exposés.
Les données présentées à Nairobi montrent aussi que les déclins ne sont pas uniformes selon les routes migratoires. La voie Asie de l’Est-Australasie concentre la plus forte proportion d’espèces en baisse parmi les grands corridors terrestres, avec 53 %, tandis qu’une espèce sur deux utilisant les voies marines est en recul.
BirdLife appelle à coordonner davantage les politiques de conservation entre pays, les oiseaux migrateurs dépendant d’une chaîne continue de sites de repos, d’alimentation et de reproduction. Le sommet de Nairobi doit notamment servir à rapprocher les politiques publiques, les financements du développement et la protection des habitats situés le long de ces corridors.




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