Côte d’Ivoire : le gouvernement annonce trois marchés de gros pour structurer la filière vivrière

Le gouvernement ivoirien a annoncé la construction de trois marchés de gros destinés à moderniser la commercialisation des produits vivriers sur l’ensemble du territoire, a indiqué le ministre délégué chargé des Productions vivrières Bernard Kini Comoé à l’issue d’un atelier national tenu du 28 au 30 avril à Abidjan.

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Côte d’Ivoire : le gouvernement annonce trois marchés de gros pour structurer la filière vivrière
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L’atelier a permis de valider les textes réglementaires encadrant le fonctionnement de ces futures infrastructures. Le dispositif prévoit des commissions spécialisées chargées de l’hygiène, de la discipline et de la traçabilité, ainsi que des marchés relais destinés à fluidifier la chaîne d’approvisionnement entre les zones de production et les centres de consommation.

Le projet s’inscrit dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030. L’objectif affiché est de mettre en place des « marchés plus performants, au bénéfice des producteurs comme des consommateurs » et de « renforcer la résilience du système alimentaire ivoirien », selon les termes du ministre.

Les autorités annoncent en parallèle la mise en place de marchés d’intérêt national (MIN), structures destinées à réorganiser les circuits de distribution en réduisant le nombre d’intermédiaires et en garantissant la qualité des produits. La localisation des trois sites n’a pas été précisée, le ministre indiquant que le maillage devra couvrir le territoire national.

Les MIN sont un modèle inspiré du système français de Rungis et de ses déclinaisons africaines, conçu pour centraliser l’offre de gros dans un espace équipé en chambres froides, aires de chargement et laboratoires de contrôle sanitaire. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal a inauguré en 2024 le marché d’intérêt national de Diamniadio, d’une capacité de 25 000 tonnes, et le Nigeria exploite plusieurs marchés de gros réglementés dans les États de Lagos et d’Ogun.

Un maillon manquant dans la chaîne vivrière

La Côte d’Ivoire est l’un des premiers producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest, mais sa filière vivrière souffre de pertes post-récolte estimées entre 20 % et 40 % selon les produits, faute d’infrastructures de stockage, de conditionnement et de mise en marché adaptées. Les circuits de distribution restent dominés par des réseaux informels de grossistes et de détaillants, avec des chaînes d’intermédiation longues qui renchérissent les prix au consommateur final.

La hausse du coût de la vie, accentuée ces derniers mois par l’augmentation des prix du carburant — le super sans plomb a progressé de 55 FCFA et le gasoil de 25 FCFA au 1er mai — pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et alimente la pression politique sur le gouvernement pour des mesures structurelles de maîtrise des prix alimentaires.

Le ministre Bernard Kini Comoé a rappelé que ces réformes s’inscrivent dans l’objectif de « souveraineté alimentaire » fixé par le président Alassane Ouattara, qui entend faire de l’agriculture un levier de croissance et de création d’emplois dans un pays de plus de 30 millions d’habitants dont la population urbaine dépasse désormais 50 %.

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