Bénin : les titulaires de diplômes en santé non reconnus appelés à se faire recenser

Le ministère béninois de la Santé a lancé un recensement des titulaires de diplômes de formations en santé obtenus depuis 2011 dans des établissements privés étrangers ne figurant pas sur la liste officielle des institutions reconnues d’office, en application du décret n°2025-090 du 19 février 2025. La date limite d’inscription est fixée au samedi 23 mai 2026.

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Bénin : les titulaires de diplômes en santé non reconnus appelés à se faire recenser
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L’opération a été annoncée par communiqué n°415-2026/MS/DC/SGM/DPAF/SGRHTE/SP daté du 30 avril, signé du ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin. Le texte invite les personnes concernées à remplir un formulaire en ligne hébergé sur la plateforme KoboToolbox, dont le lien est indiqué dans le communiqué.

Selon le ministère, l’opération s’inscrit dans la préparation de la mise en œuvre des dispositions transitoires d’obtention d’équivalence prévues par le décret du 19 février 2025. Elle vise à constituer une base de données fiable des diplômés en attente de reconnaissance et à encadrer le processus administratif d’équivalence.

Selon le document signé par le ministre Benjamin Hounkpatin, cette opération s’inscrit « dans le cadre de la préparation de la mise en œuvre des dispositions particulières transitoires d’obtention d’équivalence » prévues par le décret n°2025-090 du 19 février 2025. L’objectif est de mieux organiser la reconnaissance de ces diplômes au Bénin. Le ministère précise que les personnes concernées sont celles ayant obtenu, à partir de 2011, un diplôme en santé dans un établissement privé étranger « ne figurant pas sur la liste des établissements (…) dont les diplômes sont directement éligibles » à une reconnaissance d’équivalence.

La reconnaissance des diplômes obtenus dans des écoles privées étrangères constitue depuis plusieurs années un point sensible du secteur béninois de la santé. De nombreux jeunes Béninois ont entrepris leur formation dans des établissements privés ouest-africains, principalement au Togo, au Burkina Faso, au Niger, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, ainsi que dans certains pays du Maghreb et d’Asie, en raison de la sélectivité de l’offre publique nationale.

À leur retour, plusieurs de ces diplômés se sont heurtés à des difficultés d’intégration dans le système national, faute d’équivalence formelle, certains exerçant en marge du cadre officiel. Le sujet avait alimenté des contentieux récurrents entre les diplômés concernés, l’Ordre national des médecins du Bénin et les autorités sanitaires.

Le décret de 2025 distingue désormais deux catégories de diplômes étrangers, ceux issus d’établissements figurant sur la liste officielle des institutions reconnues d’office par l’État béninois, directement éligibles à la demande d’équivalence, et ceux issus d’écoles non listées, soumis à une procédure transitoire spécifique. Le recensement en cours concerne exclusivement la seconde catégorie.

Un secteur en cours de réorganisation

Le gouvernement de Patrice Talon a engagé depuis 2016 une réforme d’ensemble du secteur de la santé, marquée par la construction de nouveaux centres hospitaliers, la professionnalisation du recrutement des soignants et le renforcement de l’Agence nationale de la régulation des activités du secteur de la santé (ANRACS).

L’agence a procédé en avril à l’incinération à Ouidah de plus de 200 tonnes de médicaments saisis dans le cadre de la lutte contre la vente illicite de produits pharmaceutiques. Le ministère de la Santé est dirigé depuis 2017 par Benjamin Hounkpatin, l’un des ministres les plus stables du gouvernement Talon, dont le mandat s’achève le 24 mai avec l’investiture du nouveau président élu Romuald Wadagni. La fenêtre de recensement se referme la veille de cette passation.

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