Afrique du Sud : 86 596 étrangers traités pour expulsion ou rapatriement entre juin et août

L’Afrique du Sud a traité 86 596 ressortissants étrangers dans le cadre de procédures d’expulsion et de rapatriement entre le 14 juin et le 20 août 2026, a annoncé mardi 8 septembre le comité interministériel chargé de la gestion des migrations. Le gouvernement présente ce chiffre comme l’un des principaux résultats de son plan en cinq points destiné à renforcer les contrôles, sécuriser les frontières et moderniser le système migratoire.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Afrique du Sud : 86 596 étrangers traités pour expulsion ou rapatriement entre juin et août
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Selon le comité, les ressortissants malawiens représentent le groupe le plus important parmi les personnes concernées, devant les Zimbabwéens et les Mozambicains. Les autorités indiquent que 90 % des étrangers traités pour rapatriement seraient entrés illégalement sur le territoire et que 95 % étaient classés comme personnes ayant franchi la frontière en dehors des points d’entrée officiels.

Le gouvernement affirme également que plus de 4 200 étrangers sans titre de séjour ont été interceptés entre avril et juillet alors qu’ils tentaient d’entrer en Afrique du Sud hors des postes-frontières. Les principales interceptions ont eu lieu sur le corridor nord, à la frontière avec le Zimbabwe, puis dans les zones limitrophes du Lesotho et du Mozambique.

Le comité interministériel dit avoir renforcé les opérations conjointes de contrôle sur le territoire. Plus de 350 000 inspections ont été menées dans des usines, supermarchés, commerces de proximité et autres secteurs, tandis que 205 dossiers ont été enregistrés, 354 personnes arrêtées et 123 affaires inscrites au rôle des tribunaux pour des infractions liées notamment à l’immigration, à la fraude documentaire ou à l’exploitation de travailleurs.

Frontières, bâtiments occupés et réforme du système migratoire

Pretoria prévoit de prolonger cette politique par un plan d’amélioration des infrastructures frontalières pour la période 2026-2030. Le dispositif doit concerner les sept provinces frontalières et vise à améliorer les clôtures, les voies d’accès, la mobilité des patrouilles et les capacités de surveillance. La Border Management Authority utilise déjà cinq drones sur plusieurs points sensibles et a engagé l’acquisition de neuf appareils supplémentaires.

Le gouvernement s’attaque aussi aux bâtiments dits « détournés » ou occupés illégalement dans les grandes villes. Les huit métropoles sud-africaines ont recensé environ 2 400 bâtiments non conformes. Le comité estime que l’un des principaux obstacles aux évacuations reste l’absence de solutions d’hébergement temporaire financées pour les occupants, alors que les décisions de justice doivent respecter les garanties constitutionnelles.

La séquence intervient après plusieurs semaines de tensions autour de l’immigration et de la présence de travailleurs étrangers en Afrique du Sud. Pretoria avait déjà demandé aux pays d’origine de participer davantage au coût des opérations de rapatriement, tandis que la question migratoire avait occupé une place importante lors du sommet de la SADC organisé à Durban en août.

Les autorités assurent vouloir combiner fermeté et respect des droits fondamentaux. Le comité a réaffirmé que la gestion de l’immigration relève de l’État et a condamné les violences visant des étrangers, dans un contexte marqué ces dernières semaines par des incidents anti-immigration et par plusieurs opérations d’évacuation de ressortissants africains.

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