Afrique du Sud : Pretoria demande aux pays d’origine de rembourser les frais de rapatriement des étrangers

L’Afrique du Sud estime à près de 300 millions de rands, soit environ 16 millions d’euros, le coût des opérations menées après les récentes mobilisations contre les étrangers en situation irrégulière. Pretoria affirme que près de 90 000 ressortissants étrangers ont quitté le pays entre la fin juin et le début du mois d’août, principalement des Malawites.

Publié le à · Mis à jour le
Diplomatie
275vues
Afrique du Sud : Pretoria demande aux pays d’origine de rembourser les frais de rapatriement des étrangers
Publicité
2 min de lecture
Google NewsCommenter

Le ministère sud-africain de l’Intérieur a présenté cette estimation devant un comité du Parlement. La facture comprend notamment la création d’un centre temporaire dans le nord du pays, ainsi que les opérations de rapatriement et d’éloignement du territoire.

Selon les autorités, certaines ambassades et certains gouvernements ont organisé eux-mêmes le transport de leurs ressortissants. D’autres n’en auraient toutefois pas eu les moyens, obligeant l’Afrique du Sud à prendre en charge une partie des déplacements. L’affrètement de bus constitue le principal poste de dépenses.

Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a qualifié l’ampleur des opérations de « sans précédent ». Un représentant de son ministère a toutefois précisé que ces dépenses, jugées nécessaires par les autorités, n’avaient pas été prévues dans les budgets publics.

Pretoria demande une compensation à plusieurs pays

L’Afrique du Sud affirme avoir écrit au gouvernement du Malawi ainsi qu’aux ambassades du Nigeria et de l’Éthiopie pour réclamer une compensation financière. Le nombre exact de ressortissants concernés fait cependant l’objet d’évaluations divergentes : plusieurs gouvernements africains avancent des chiffres supérieurs aux quelque 90 000 départs recensés par Pretoria.

La question des compensations est également au cœur d’un différend entre l’Afrique du Sud et plusieurs pays du continent. Le Ghana et le Nigeria ont indiqué vouloir demander réparation pour les préjudices subis par leurs ressortissants pendant les manifestations. Pretoria rejette cette perspective et refuse d’indemniser les États concernés.

Ces mobilisations ont ravivé les tensions autour de l’immigration en Afrique du Sud, où les étrangers sont régulièrement accusés, notamment par certains groupes politiques et citoyens, de concurrencer la main-d’œuvre locale ou d’occuper des activités commerciales informelles. Les autorités doivent toutefois distinguer les personnes en situation irrégulière des ressortissants étrangers résidant légalement dans le pays.

Le sujet est aussi discuté au niveau régional. Le conseil des ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réunit actuellement à Durban, avant un sommet des chefs d’État prévu le 17 août.

Les échanges doivent notamment porter sur la gestion des migrations et la coopération entre les pays de la région. Le calendrier et les modalités d’une éventuelle prise en charge des coûts réclamés par Pretoria n’ont pas été précisés.

Articles liés

Commentaires

Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.

Merci pour votre lecture — publicité
© 2026 BENIN WEB TV