Zimbabwe : des réformes pourraient créer jusqu’à 230 000 emplois d’ici 2040
Le Zimbabwe pourrait créer jusqu’à 230 000 emplois supplémentaires d’ici 2040 s’il accélère les réformes de ses infrastructures, de son environnement des affaires, de la dette et de l’investissement privé. Cette estimation figure dans le nouveau Zimbabwe Growth and Jobs Report de la Banque mondiale, publié le 4 septembre.

Le scénario présenté par l’institution intervient après une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques. La croissance réelle du PIB a atteint en moyenne près de 6 % entre 2021 et 2025 et l’inflation en monnaie locale est retombée à un chiffre au début de 2026, une première depuis 1997.
Cette stabilisation ne s’est toutefois pas encore traduite par une amélioration généralisée de l’emploi et des revenus. Environ 80 % des actifs travaillent dans le secteur informel, avec un revenu médian d’environ 130 dollars par mois, tandis que près de la moitié de la population vit sous le seuil international de pauvreté utilisé par la Banque mondiale.
Sans accélération des réformes, la Banque mondiale table sur une croissance moyenne d’environ 4 % jusqu’en 2030, ce qui repousserait à 2036 l’objectif d’accession au statut de pays à revenu intermédiaire supérieur. Avec des réformes plus ambitieuses, le PIB réel pourrait au contraire dépasser le scénario de référence de 10,7 % en 2030 et de 26,9 % en 2040, avec des revenus réels des travailleurs supérieurs de plus de 30 %.
Électricité, dette et climat des affaires parmi les priorités
Le rapport identifie quatre chantiers prioritaires : préserver la stabilité macroéconomique et avancer sur le règlement des arriérés, améliorer les infrastructures de base, alléger les contraintes réglementaires qui pèsent sur les entreprises et attirer davantage d’investissements privés.
La question énergétique occupe une place centrale. Les pénuries d’électricité coûteraient chaque année l’équivalent de 6,1 % du PIB, selon l’estimation de la Banque mondiale. L’institution recommande d’améliorer la production et la fiabilité du réseau, tout en investissant dans les corridors de transport et l’irrigation agricole.
Le rapport appelle également à simplifier les permis, réduire certains frais administratifs, fluidifier le commerce transfrontalier, approfondir l’accès au crédit et renforcer la sécurité juridique pour les investisseurs. Ces mesures doivent permettre aux petites entreprises de se formaliser et d’orienter davantage de travailleurs vers des activités à plus forte productivité.
Le défi pour Harare sera désormais de transformer la stabilisation récente en emplois formels durables. Les projections de 230 000 emplois et de hausse des revenus restent conditionnées à l’exécution coordonnée de ces réformes sur plusieurs années.




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