Tchad : 30 ans de prison requis contre Abdoulaye Miskine, la défense plaide l’acquittement
Le procès d’Abdoulaye Miskine et de ses trois coaccusés est entré dans sa dernière phase, vendredi 4 septembre à N’Djamena. Le parquet a requis 30 ans de prison ferme contre le chef de guerre présumé, poursuivi notamment pour assassinat, torture, séquestration, enlèvement et viol, et dix ans d’emprisonnement contre ses trois coaccusés, poursuivis pour participation à un mouvement insurrectionnel. Le verdict est attendu le 9 septembre.

Les 29 parties civiles réclament solidairement 25 milliards de francs CFA de dommages et intérêts. Leurs avocats demandent en outre que les accusés soient jugés pour crimes contre l’humanité. « Nous, c’est ce que nous avons réclamé, à ce qu’il y ait une condamnation pour l’infraction des crimes contre l’humanité, parce que la peine sera donc de la prison à vie », explique Me Ahmat Adberhamane, conseil des parties civiles.
La défense demande l’acquittement des quatre accusés et conteste le dossier sur le fond comme sur la forme. Elle remet en cause la compétence de la justice tchadienne, les faits reprochés ayant, selon elle, été commis en Centrafrique. Elle invoque également la prescription : la loi tchadienne prévoit un délai de dix ans pour les crimes, alors que les faits remonteraient à 2002 et 2003 et que la plainte n’a été déposée qu’en 2020.
Les avocats des accusés estiment par ailleurs que le dossier est vide, en l’absence d’actes de décès ou de documents permettant d’identifier précisément les victimes. Les neuf parties civiles présentes à l’audience disent ne pas avoir assisté directement aux faits dénoncés ni avoir vu Abdoulaye Miskine.
Une défense qui dénonce l’absence de preuves
Me Benjamin Mamgo Dibaye, avocat de la défense, s’est interrogé sur les cinq jours prévus pour le délibéré, alors qu’en matière criminelle, selon lui, « la cour se prononce habituellement dans les deux heures ». Il a fait part de son inquiétude face à d’éventuelles manipulations ou décisions « téléguidées », assurant que « le droit est de notre côté et ils seront acquittés ».
Les accusés se disent eux-mêmes sereins et estiment que les irrégularités de procédure ainsi que l’absence de preuves justifient leur acquittement. La cour a mis l’affaire en délibéré.
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