États-Unis : trois citoyens américains d’origine camerounaise condamnés à 15 et 5 ans de prison

Un tribunal fédéral du district ouest du Missouri, siégeant à Kansas City, a condamné, mercredi 26 août, trois citoyens américains d’origine camerounaise pour avoir fourni un soutien matériel aux activités armées de séparatistes des régions anglophones du Cameroun. Francis Chenyi, 52 ans, et Lah Nestor Langmi, 49 ans, écopent chacun de quinze ans de prison, tandis que Claude Ngenevu Chi, 43 ans, est condamné à cinq ans et trois mois de détention.

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Les trois hommes avaient été reconnus coupables ou avaient plaidé coupable de complot en vue de fournir un soutien matériel destiné à tuer, enlever et mutiler des personnes, ainsi qu’à utiliser des armes de destruction massive dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, selon le ministère américain de la Justice. Chenyi et Langmi ont également été reconnus coupables de blanchiment d’argent international.

Arrêté en 2022 à l’issue d’une enquête du FBI, Lah Nestor Langmi a notamment été condamné pour un message audio dans lequel il demandait à des séparatistes d’enlever un chef traditionnel. Francis Chenyi s’était pour sa part chargé de transmettre aux ravisseurs les questions à poser à leurs otages. Les trois hommes sont également condamnés pour avoir organisé des versements de rançons et financé l’achat et la formation à l’utilisation d’engins explosifs improvisés.

Le réseau qu’ils dirigeaient depuis les États-Unis a aussi financé des violences destinées à perturber des élections locales en 2020 et projeté des attaques autour de la Coupe d’Afrique des nations de 2021, selon l’accusation. Chacun des trois condamnés devra en outre se soumettre à trois ans de mise à l’épreuve à l’issue de sa peine.

Un rappel à l’ordre pour la diaspora

Lors du procès, le procureur fédéral a averti que quiconque soutient une activité illégale « à l’autre bout du monde » en serait tenu responsable. Pour l’avocat camerounais Félix Agbor Balla, figure de la société civile anglophone, ces condamnations doivent servir de rappel salutaire, même s’il appelle à ne pas occulter « les griefs politiques réels à l’origine d’un conflit qui dure depuis bientôt dix ans ».

L’avocat, qui milite pour que l’obligation de rendre des comptes s’applique à tous les auteurs d’exactions, a par ailleurs demandé qu’elle vise aussi les violences commises au sein des forces gouvernementales camerounaises.

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