Shaka Ponk juge « totalement débile » son duo avec Bertrand Cantat
Frah, chanteur du groupe électro-rock Shaka Ponk, a publié mercredi 8 juillet une longue vidéo sur les réseaux sociaux pour revenir sur la collaboration du groupe avec Bertrand Cantat, qualifiant aujourd’hui cette décision de « grave erreur » et exprimant un regret public profond. Quinze ans après la sortie de Palabra Mi Amor, et alors que le groupe s’est séparé récemment après plus de vingt ans de carrière, Frah reconnaît que ce duo continue de susciter des réactions vives et qu’il nécessite une prise de responsabilité.

Dans cette intervention, l’artiste dit entendre « l’incompréhension », la « colère » et la « douleur » éprouvées par une partie du public depuis la parution du titre. Il affirme avoir changé de regard sur ce choix artistique et insiste sur le caractère inapproprié de la décision prise à l’époque, qu’il qualifie à plusieurs reprises de regrettable.
Frah explique que le mouvement #MeToo a été un élément déclencheur dans cette évolution de perception. Il rend hommage au courage des femmes qui ont témoigné publiquement et estime que cette mobilisation a permis à de nombreux hommes, lui inclus, de prendre conscience de réalités jusque-là méconnues ou minimisées. Selon lui, cette prise de conscience collective a contribué à éclairer rétroactivement l’erreur commise par le groupe.
« C’était totalement débile »
Le chanteur se montre particulièrement sévère sur le plan critique envers la décision de collaborer avec Bertrand Cantat. Il qualifie ce choix de « totalement débile » et admet que le contexte entourant cette collaboration n’avait pas été suffisamment pris en compte à l’époque. Frah assume la responsabilité artistique et morale du groupe pour cette démarche.
La vidéo aborde explicitement la dimension humaine et symbolique de ce choix : Frah dit mesurer aujourd’hui l’impact de cette collaboration sur la mémoire de l’actrice Marie Trintignant et sur ses proches. Il rappelle que Cantat, ancien chanteur du groupe Noir Désir, a été condamné en 2003 pour le meurtre de Marie Trintignant, un fait qui, selon Frah, rendait la collaboration d’autant plus problématique.
Le leader de Shaka Ponk évoque également la portée de ce type de décisions sur les personnes confrontées aux violences. Il considère que le duo ne pouvait être dissocié de son contexte social et judiciaire et que le choix de l’intégrer au répertoire du groupe a été une faute.
Dans sa prise de parole, Frah conclut en assumant sans détour le regret du groupe : « On a fait de la merde et on le regrette sincèrement », dit-il, dans un mea culpa qu’il présente comme pleinement assumé par les membres concernés.
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