Sénégal : un marabout interpellé en Gambie via Interpol dans l’affaire dite des « actes contre-nature »

Le marabout sénégalais Serigne Abdoulaye Faye, surnommé le « mara milliardaire » et recherché dans une enquête pour actes dits « contre-nature » et transmission présumée du VIH, a été arrêté en Gambie par les autorités locales avec l’appui d’Interpol et acheminé à Dakar dans la nuit de jeudi à vendredi, selon des sources concordantes des médias sénégalais.

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Sénégal : un marabout interpellé en Gambie via Interpol dans l’affaire dite des « actes contre-nature »
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Le suspect a été placé en garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC), située rue Carde à Dakar, qui mène l’enquête depuis plusieurs semaines. L’opération a mobilisé une équipe spécialisée de la DIC dépêchée en Gambie après localisation du fugitif par la police gambienne, sur la base d’informations transmises via les canaux d’Interpol.

Selon les éléments recueillis par Seneweb et 2AS Media, le marabout aurait été entendu une première fois par les enquêteurs avant d’être relâché, puis aurait profité de cette mise en liberté pour quitter discrètement le territoire sénégalais. Il aurait loué un logement en Gambie pour une durée de six mois, dans l’espoir d’y rester durablement.

Une enquête née d’un téléphone portable

L’affaire a été déclenchée après la découverte, par un père de famille, de contenus jugés compromettants dans le téléphone portable de son fils mineur. Les éléments retrouvés ont conduit les enquêteurs sur la piste de réseaux présumés organisés autour de pratiques tarifées qualifiées par les autorités d’« actes contre-nature », selon les médias sénégalais qui rapportent les informations de la DIC.

L’enquête a déjà donné lieu à plusieurs interpellations, dont celle d’un mineur à Touba. La DIC cherchait à entendre Serigne Abdoulaye Faye sur des faits présumés d’escroquerie en lien avec ce dossier, avant que celui-ci ne quitte le pays.

Une enquête parallèle, conduite par la Brigade de recherches de Saly (gendarmerie nationale), a abouti cette semaine au déferrement au parquet de Mbour de deux hommes, dont un agent municipal, poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre-nature et transmission volontaire du VIH.

Cadre pénal sénégalais

L’article 319 alinéa 3 du Code pénal sénégalais réprime « l’acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe » d’une peine de un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA. Cette disposition, héritée de la législation coloniale française, place le Sénégal parmi la trentaine de pays africains qui pénalisent encore les relations entre personnes de même sexe. La majorité des partis politiques et des autorités religieuses du pays s’opposent à toute dépénalisation.

Plusieurs ONG nationales et internationales, dont Human Rights Watch et Amnesty International, dénoncent régulièrement les conditions d’arrestation et la stigmatisation publique des personnes mises en cause sur ce fondement.

Le Sénégal et la Gambie, deux États voisins membres d’Interpol, sont liés par des accords de coopération policière et judiciaire qui facilitent les remises de fugitifs sans recourir nécessairement à une procédure d’extradition formelle.

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