Sénégal : Mame Abdoulaye Tounkara réagit à la décision de la CAF sur la finale de la CAN
La Confédération Africaine de Football (CAF) a rendu, le 17 mars, une décision d’appel qui a annulé le sacre remporté sur le terrain par le Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations du 18 janvier 2026 et a attribué le trophée au Maroc, une décision qui a déclenché une vive réaction au Sénégal et provoqué l’annonce de recours judiciaires et diplomatiques.

Sur le plan sportif, la rencontre du 18 janvier avait déjà été marquée par des décisions arbitrales contestées : un but sénégalais refusé, l’attribution d’un penalty à l’équipe adverse puis sa reprise de jeu, un penalty manqué, une prolongation et l’ouverture du score de Pape Gueye qui avait été suivie de l’annonce de la victoire sénégalaise sur le terrain.
La décision prise en appel par la CAF a suscité des tensions populaires et institutionnelles. Des heurts entre supporters et forces de l’ordre ont été signalés, entraînant l’arrestation de 18 ressortissants sénégalais, condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison, et faisant l’objet, selon des sources locales, d’un appel du parquet royal.
Sur le plan juridique, plusieurs avocats sénégalais ont organisé une conférence de presse à Paris le 26 mars pour évoquer les voies de recours possibles ; parmi eux figuraient Maîtres Seydou Diagne, Moussa Sarr, Ali Fall, Juan de Dios Crespo Perez, Serge Vittoz et Pierre Olivier. Des voix ont également suggéré une mobilisation diplomatique, citant des personnalités expérimentées comme Moustapha Niasse en raison de son passé de chef de la diplomatie et d’envoyé spécial des Nations unies, et rappelant des précédents où l’action diplomatique avait permis la libération de détenus à l’étranger, notamment lors du sommet de Monrovia en 1979.
Relations historiques et dimensions bilatérales
Les observateurs rappellent que les relations entre le Sénégal et le Royaume du Maroc sont anciennes et multiformes : échanges religieux et culturels, liens commerciaux et présence humaine réciproque. Dès les années 1960, des projets symboliques et concrets ont illustré cette proximité, la pose de la première pierre de la Grande Mosquée de Dakar en 1961, financée par le Maroc, en étant un exemple souvent cité.
La coopération religieuse se manifeste aussi par des pèlerinages et des déplacements réguliers entre les deux pays, tandis que des étudiants et des travailleurs sénégalais et marocains vivent et exercent des activités dans les deux pays. Les flux commerciaux et les investissements marocains, notamment dans les secteurs bancaire et financier au Sénégal, sont également des éléments factuels de l’interdépendance économique entre les deux États.
Les liens humains et économiques entre Dakar et Rabat incluent des collaborations institutionnelles et des présences quotidiennes — étudiantes, commerçantes, professionnelles — ainsi que des flux d’investissements qui contribuent à la circulation des personnes et des capitaux dans la région.
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