Sénégal : Diomaye Faye révoque Ousmane Sonko et l’ensemble du gouvernement
Au Sénégal, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin dans la soirée du vendredi 22 mai 2026 aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et à celles de l’ensemble du gouvernement, selon des sources de la Radiotélévision sénégalaise (RTS) citées par Senenews et confirmées par plusieurs médias sénégalais. La décision a été annoncée quelques heures après l’intervention de Sonko à l’Assemblée nationale, où le chef du gouvernement avait publiquement déclaré que le chef de l’État « a fait une erreur » sur la question des fonds politiques.

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement de ce vendredi matin, Sonko avait affiché sans détour une divergence majeure avec Faye sur le dossier des caisses spéciales. « Le président a fait une erreur concernant les fonds politiques et j’ai espoir qu’il revienne à la raison. Je ne suis pas d’accord avec lui sur cette question », avait-il déclaré devant les députés. Il avait également contesté la décision présidentielle sur les fonds politiques tout en excluant leur suppression, plaidant pour un encadrement strict conforme selon lui aux engagements historiques de Pastef.
Oumar Samba Ba, ministre secrétaire général de la présidence de la République, devait prendre la parole dans la soirée pour annoncer une déclaration au nom de Diomaye Faye. Le successeur de Sonko à la tête du gouvernement n’avait pas encore été annoncé au moment de la publication de cette dépêche.
Sonko, 51 ans, fondateur et secrétaire général du parti Pastef, occupait le poste de Premier ministre depuis le 3 avril 2024, lendemain de l’investiture de Bassirou Diomaye Faye. La révocation de l’ensemble du gouvernement constitue une dissolution complète de l’exécutif.
Une rupture au terme de mois de tensions
Les relations entre les deux hommes s’étaient dégradées progressivement depuis l’automne 2025. Le 7 décembre 2025, Sonko avait publiquement reconnu ses divergences avec Faye lors de la Journée des martyrs. Le 2 mai 2026, Faye avait accordé une longue interview à trois chaînes de télévision dans laquelle il avait exposé sans fard les tensions entachant sa relation avec son Premier ministre. Dans les jours suivants, le porte-parole de la présidence Ousseynou Ly, militant proche de Sonko, avait été remplacé par l’avocat Abdoulaye Tine, dans un geste interprété par plusieurs observateurs comme un avertissement.
Sonko avait en outre affiché publiquement ses ambitions pour la présidentielle de 2029, entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle promulguée par Faye le 17 mai 2026, qui ouvre la voie à sa candidature. La cohabitation endogène entre un président et un Premier ministre issus du même parti s’était ainsi progressivement transformée en rivalité ouverte, documentée depuis novembre 2025 par Jeune Afrique, The Conversation et plusieurs médias sénégalais.
La Journée nationale du dialogue, ouverte par Faye le 21 mai avec des consultations d’anciens premiers ministres, avait elle-même illustré la ligne de fracture : Sonko, dont les partisans contestaient l’invitation de figures de l’ancien régime, avait défendu cette même matinée du 22 mai des positions en décalage avec la communication présidentielle sur les fonds politiques.