Sahel : les violences jihadistes pourraient dépasser 3 000 incidents en 2026

Les violences impliquant des groupes jihadistes au Mali, au Burkina Faso et au Niger pourraient dépasser 3 000 incidents en 2026 si le rythme actuel se maintient, un niveau inédit depuis au moins une décennie. ACLED a déjà recensé 2 145 événements cette année, selon des données de l’organisation rapportées mercredi 16 septembre.

Christian Mbeumo
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Sahel : les violences jihadistes pourraient dépasser 3 000 incidents en 2026
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Le nombre d’incidents liés à des groupes affiliés à Al-Qaida ou à l’État islamique dans ces trois pays est passé de 63 en 2016 à 2 845 en 2025. Avec plus de 2 100 événements enregistrés avant la fin du troisième trimestre 2026, la trajectoire actuelle place le Sahel central au-dessus du précédent record annuel.

Cette progression est notamment portée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, JNIM, affilié à Al-Qaida, et par la Province de l’État islamique au Sahel. En février, une offensive du JNIM a compté plus de 30 attaques au Burkina Faso et fait plus de 120 morts parmi les soldats, gardes forestiers et Volontaires pour la défense de la patrie, selon ACLED.

Au Niger, la région de Tillabéri reste l’un des principaux foyers. ACLED y a recensé plus de 1 200 morts liés aux violences politiques en 2025, davantage que dans toute autre région du Sahel central. L’organisation attribue une part importante de cette violence à l’État islamique au Sahel, tandis que le JNIM demeure également actif.

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La poussée de 2026 intervient alors que le bilan mondial du terrorisme avait reculé l’an dernier. L’Indice mondial du terrorisme 2026 fait état de 5 582 morts et de 2 944 attaques en 2025, soit des baisses respectives de 28 % et 22 %. Le Burkina Faso, le Niger et le Mali restent toutefois classés deuxième, troisième et cinquième pays les plus touchés par le terrorisme.

L’expansion régionale du JNIM, déjà documentée dans un rapport de l’International Crisis Group consacré au Sahel, accroît aussi la pression sur les frontières méridionales. Le rapport 2026 de l’Institut pour l’économie et la paix décrit le complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari, entre le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, comme une zone utilisée par des groupes armés pour se déplacer et se replier.

Les espaces frontaliers concentrent une part croissante de la menace. Selon le même indice, 64 % des attaques terroristes recensées dans le monde en 2025 ont eu lieu à moins de 100 kilomètres d’une frontière internationale, et la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger figure parmi les foyers les plus actifs.

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