Est de la RDC : une tournée onusienne dans les pays voisins pour consolider la vérification du cessez-le-feu
Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo et chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco), James Swan, a achevé début septembre une tournée régionale au Burundi, en Ouganda et au Rwanda, aux côtés de l’envoyé spécial de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Huang Xia. Objectif : consolider le mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu entre Kinshasa et le groupe politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23-Mars (AFC/M23), alors que des combats continuent d’être signalés dans l’est de la RDC.

Selon le ministère burundais des Affaires étrangères, James Swan et Huang Xia ont été reçus le 25 août à Bujumbura par le ministre Édouard Bizimana, avec qui ils ont évoqué la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est congolais ainsi que le soutien du Burundi aux efforts de l’ONU. La délégation s’est ensuite rendue en Ouganda, avant de rencontrer le 1er septembre à Kigali le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, puis le président Paul Kagame.
Cette tournée intervient alors que le mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), placé sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, commence tout juste à se déployer sur le terrain. Une première mission de vérification a été menée le 24 août à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, avec l’appui logistique de la Monusco.
Ce déploiement ne garantit toutefois pas, à lui seul, le respect du cessez-le-feu. Le rôle de la Monusco reste un rôle d’appui : sans arrêt effectif des combats ni coopération pleine des parties, le mécanisme peut constater les violations mais ne peut pas les faire cesser.
Le mandat de la Monusco en jeu
La tournée de James Swan précède également l’examen par le Conseil de sécurité des Nations unies, en septembre sous présidence française, du mandat de la Monusco, dont l’échéance est fixée à décembre 2026 par la résolution 2808. Les consultations menées au Burundi, en Ouganda et au Rwanda visaient à souligner l’interdépendance des crises régionales et la nécessité d’une action rapide, selon des responsables onusiens.
Kinshasa et l’AFC/M23 s’étaient engagés à un cessez-le-feu en juillet 2025 au Qatar, avant que la RDC et le Rwanda n’entérinent, en décembre de la même année à Washington, un accord de paix. Ni la médiation qatarienne ni la médiation américaine n’ont toutefois permis, à ce jour, de mettre un terme aux combats dans l’est congolais, en proie depuis 2021 à une résurgence du M23, un groupe armé décrit par l’ONU et plusieurs experts comme soutenu par le Rwanda, et qui s’est emparé de larges portions de territoire dans la région.
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