RDC : l’OMS juge encore possible de freiner Ebola en trois mois
L’Organisation mondiale de la santé estime encore possible de freiner dans les trois prochains mois la progression de l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo, à condition de disposer des ressources nécessaires. Thierno Baldé, responsable de la gestion de l’incident à l’OMS, l’a déclaré mardi 18 août 2026 depuis Bunia.

Cet horizon ne signifie pas que l’épidémie pourrait être déclarée terminée dans ce délai. Le même jour, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti qu’elle restait « loin d’être maîtrisée », avec près de 5 000 infections et plus de 2 300 décès recensés dans six provinces et 55 zones de santé.
L’OMS décrit cette flambée comme la deuxième plus importante jamais enregistrée pour Ebola et la plus rapide par son rythme de propagation. Le risque d’une nouvelle diffusion à l’intérieur de la RDC et au-delà de ses frontières demeure élevé.
Selon Reuters, l’agence sanitaire avait mobilisé environ 60 % des 115 millions de dollars nécessaires à la riposte au 18 août. Le respect de l’objectif fixé dépend notamment du financement, de l’accès aux zones touchées, de la sécurité des équipes et de l’amélioration du suivi des contacts.
Surveillance, soins et essais cliniques renforcés
Les autorités congolaises, l’OMS, les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies et leurs partenaires renforcent la surveillance communautaire, les capacités de traitement, les enterrements sécurisés et la coordination transfrontalière. Ils cherchent aussi à détecter plus tôt les malades et à rapprocher les services de diagnostic et d’isolement des communautés.
Dans son bilan arrêté au 12 août, l’OMS recensait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès en RDC, ainsi que 965 personnes guéries. À cette date, 84,2 % des contacts identifiés avaient été suivis au cours des dernières 24 heures, un niveau encore inférieur à l’objectif opérationnel de 95 %.
L’insécurité, les déplacements de population et les attaques contre des structures sanitaires compliquent les interventions. L’OMS souligne que les décès survenant à domicile ou en dehors des listes de contacts signalent des chaînes de transmission qui ne sont pas encore repérées.
Deux vaccins conçus spécifiquement contre le virus Bundibugyo sont entrés en essais chez l’être humain, selon l’OMS. Un essai de traitement soutenu par l’organisation avait par ailleurs inclus 100 patients au 18 août, tandis que l’Ouganda avait interrompu la transmission après les premiers cas importés.




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