Nigéria : ouverture de la première session ordinaire 2026 du Parlement de la Cedeao

Le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a ouvert lundi 4 mai à Abuja sa première session ordinaire de l’année, sous la présidence de la Béninoise Memounatou Ibrahima, qui a appelé les députés à des décisions audacieuses face aux défis sécuritaires, économiques et politiques de la région.

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Nigéria : ouverture de la première session ordinaire 2026 du Parlement de la Cedeao
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Dans son discours d’ouverture, la présidente de l’institution a placé la consolidation démocratique au premier rang des priorités. « Les évolutions au sein de la région viennent conforter l’idée que la démocratie reste le fondement inébranlable de notre Communauté », a-t-elle déclaré devant les députés représentant les douze États membres restants après les départs du Mali, du Burkina Faso et du Niger en janvier 2024.

Memounatou Ibrahima a condamné les attaques terroristes survenues récemment au Mali, exprimant la solidarité de la communauté ouest-africaine avec le peuple malien malgré le retrait de Bamako de la Cédéao. Elle a par ailleurs appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, où la situation politique demeure tendue après plusieurs mois d’incertitude institutionnelle.

Sur le plan économique, la présidente du Parlement a évoqué les pressions inflationnistes liées aux crises internationales, en particulier sur les denrées alimentaires et les intrants agricoles, qui pèsent sur les économies de la région. « Le Parlement de la Cédéao doit se faire l’écho de cet impératif », a-t-elle déclaré.

Le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la piraterie maritime dans le golfe de Guinée et les effets du changement climatique figurent parmi les autres menaces évoquées dans son intervention.

Plusieurs dossiers à l’ordre du jour

Les travaux de la session porteront sur l’examen de plusieurs projets d’actes communautaires, le rapport de la Commission de la Cédéao présenté par son président Omar Alieu Touray, ainsi que des dossiers liés à l’intelligence artificielle, à la fiscalité régionale et à l’autonomisation des femmes.

Memounatou Ibrahima, élue présidente du Parlement de la Cédéao en mars 2024 pour un mandat de quatre ans, est la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire de l’institution. Avocate de formation et ancienne députée à l’Assemblée nationale du Bénin, elle représente le Bénin au sein du Parlement communautaire.

Le Parlement de la Cédéao, basé à Abuja, est composé de 115 députés issus des douze États membres restants — Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger en janvier 2024, suivi de la création de la Confédération des États du Sahel (AES), a réduit le nombre de sièges et redistribué l’équilibre politique de l’institution.

L’organe parlementaire dispose d’un rôle consultatif sur les actes communautaires, sans pouvoir législatif contraignant à ce stade. Plusieurs feuilles de route portées ces dernières années, dont le passage à un Parlement à pouvoirs renforcés et l’élection des députés au suffrage universel direct, restent des chantiers en cours, freinés par la fragilité institutionnelle de plusieurs États membres.

L’ordre du jour des travaux à Abuja s’inscrit dans un contexte régional marqué par les tensions persistantes au Sahel, le retour à un cadre constitutionnel négocié dans plusieurs pays sortis de transition militaire, et la pression migratoire et alimentaire pesant sur les populations ouest-africaines.

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