Nigeria : le major-général Rabe Abubakar, tué par ses ravisseurs deux semaines après son enlèvement
L’ancien porte-parole de l’armée nigériane, le général à la retraite Rabe Abubakar, est mort en captivité deux semaines après son enlèvement dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria. Sa disparition, annoncée par les autorités locales, relance les critiques sur l’insécurité persistante dans une région minée par les enlèvements et les attaques de groupes armés.

Le général de division à la retraite Rabe Abubakar, ancien directeur de l’information de la Défense et porte-parole de l’armée nigériane, est mort en captivité, environ deux semaines après son enlèvement par des hommes armés dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, a annoncé samedi 13 juin le gouvernement de cet État. Sa mort a suscité une vive émotion et relancé les critiques sur l’insécurité dans le pays.
Dans un communiqué signé du commissaire à la Sécurité intérieure, Nasiru Mu’azu, le gouvernement de Katsina a indiqué que l’officier était décédé des suites de complications liées au diabète et à l’hypertension durant sa détention, malgré les efforts déployés par les autorités et les services de sécurité pour obtenir sa libération. Plusieurs responsables politiques et organisations ont pour leur part qualifié sa disparition de meurtre imputable à ses ravisseurs, sans que les circonstances exactes du décès aient été rendues publiques de manière indépendante.
Âgé de 61 ans et originaire de Katsina, Rabe Abubakar avait été enlevé le 30 mai avec son épouse, Amina, alors que le couple se rendait à un mariage. Leur véhicule avait été pris en embuscade par des hommes armés dans la zone de Matazu, leur chauffeur parvenant à s’échapper malgré des blessures par balle. Le 6 juin, les ravisseurs avaient diffusé une vidéo d’environ quatre minutes montrant le couple appelant les autorités à répondre à leurs exigences.
Les hommes armés réclamaient la libération de trois de leurs membres détenus et la restitution de bétail qu’ils affirmaient avoir été saisi lors d’opérations de sécurité. Selon des sources familiales citées par la presse nigériane, l’épouse de l’officier a été libérée et la dépouille remise à la famille, en vue de funérailles à Katsina selon les rites musulmans.
Une insécurité persistante dans le Nord-Ouest
Le président nigérian, Bola Tinubu, a exprimé sa tristesse et son indignation, réaffirmant, par la voix de son conseiller Bayo Onanuga, une position de fermeté contre le terrorisme et les enlèvements, et prévenant que l’État ne céderait pas au chantage. Le gouverneur de Katsina, Dikko Umaru Radda, a décrit l’événement comme « un moment sombre » appelant à une réponse collective renforcée contre les groupes criminels.
La mort de cet ancien haut gradé a provoqué la colère d’anciens généraux et d’organisations de jeunesse, qui y voient l’illustration d’une dégradation sécuritaire. Le nord-ouest du Nigeria est en proie depuis plusieurs années à l’action de groupes armés, désignés localement sous le terme de bandits, spécialisés dans les enlèvements contre rançon et les attaques de villages, qui ont fait des milliers de morts et de déplacés. Les autorités de Katsina ont assuré que les opérations de sécurité seraient intensifiées pour démanteler ces réseaux et que les responsables de l’enlèvement seraient recherchés.
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