Nigeria : 17 policiers en formation tués dans une attaque à Yobe
Dix-sept policiers nigérians en formation ont été tués lors d’une attaque coordonnée contre l’École des forces spéciales de l’armée à Buni Yadi, dans l’État de Yobe. L’assaut, attribué par plusieurs sources sécuritaires à des combattants présumés de l’ISWAP, illustre la persistance de la menace jihadiste dans le nord-est du Nigeria, où les forces de sécurité restent régulièrement ciblées.

La Police nationale nigériane (NPF) a annoncé samedi 16 mai 2026 que 17 de ses agents avaient été tués lors d’une attaque terroriste coordonnée menée dans la nuit du 7 au 8 mai 2026 vers 1h15 contre l’École des forces spéciales de l’armée nigériane (Nigerian Army Special Forces School), implantée à Buni Yadi, dans l’arrondissement local de Gujba, dans l’État de Yobe au nord-est du pays. Un délai de huit jours s’est écoulé entre l’attaque et la confirmation officielle par la police. Les agents tués participaient à un programme de formation opérationnelle spécialisée en contre-terrorisme et en techniques tactiques dispensé par l’établissement militaire, selon le communiqué signé du porte-parole de la police fédérale, le commissaire adjoint Anthony Placid.
Plusieurs membres des forces armées nigérianes ont également perdu la vie lors de l’attaque, en tentant de la repousser, selon le même communiqué. Le nombre exact de militaires tués n’a pas été précisé. Aucune organisation n’avait revendiqué l’attaque à la date de publication du présent article. TheCable, qui avait couvert l’attaque le 8 mai, avait alors attribué l’assaut à des combattants « présumés membres de l’ISWAP » (Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest), sur la base d’informations des forces de la task force conjointe nord-est « Opération Hadin Kai ». Ces attaquants avaient lancé l’assaut « depuis plusieurs axes sous couvert de l’obscurité » avant d’être repoussés par des tirs intenses, selon le même media.
Buni Yadi et la zone de Gujba figurent parmi les localités du nord-est du Nigeria les plus exposées aux offensives jihadistes depuis les débuts de l’insurrection. En mars 2014, 59 étudiants d’un lycée fédéral de Buni Yadi avaient été massacrés lors d’une attaque de Boko Haram — l’un des épisodes les plus meurtriers de l’insurrection contre les établissements scolaires. L’École des forces spéciales de l’armée nigériane dans cette localité a pour vocation de former des unités spécialisées en opérations antiterroristes dans un environnement de première ligne.
L’inspecteur général de la police, Olatunji Rilwan Disu, a qualifié les agents tués de « courageux et dévoués » ayant fait preuve « d’un patriotisme exceptionnel ». Le commissaire de police de l’État de Yobe, Usman Kanfani Jibrin, s’est rendu sur place pour présenter les condoléances de la hiérarchie au commandant de l’école, le général de brigade A.C. Enuagu, aux officiers de l’armée et aux agents survivants, les encourageant à poursuivre leur formation.
Un contexte sécuritaire aggravé depuis le début de 2026
Cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents meurtriers dans le nord-est du Nigeria depuis le début de l’année. En avril 2026, des combattants jihadistes avaient tué au moins 18 militaires, dont un général de brigade, lors d’un assaut contre une base militaire dans l’État de Kebbi, au nord-ouest. Ces attaques de l’État de Kebbi avaient été attribuées au groupe Lakurawa, affilié à l’État islamique, dont l’activité s’étend depuis plusieurs années depuis le Niger voisin. Dans l’État de Kwara, en octobre 2025, des combattants du JNIM avaient revendiqué une attaque — illustration de l’extension progressive du jihadisme sahélien vers les États du centre et du sud du Nigeria. En décembre 2025, des frappes américaines avaient ciblé dans le nord-ouest de l’État de Sokoto des membres de la Province du Sahel de l’État islamique (ISSP), qui opère habituellement depuis le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
L’Opération Hadin Kai, déployée dans les États du nord-est, associe des unités de l’armée nigériane, de la police et d’autres corps de sécurité dans le cadre d’un commandement conjoint depuis 2021. Elle opère dans l’État de Yobe, ainsi que dans les États de Borno et d’Adamawa, épicentres de l’insurrection de Boko Haram depuis 2009 et de l’ISWAP depuis sa scission en 2016.
L’inspecteur général Disu a assuré que la police et les forces armées « maintiendraient leurs efforts concertés pour traduire les responsables de cette attaque en justice ».
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