Niger : le général Salifou Mody détaille la nouvelle stratégie sécuritaire
Le Niger a engagé une réorganisation de sa stratégie de défense face à la menace djihadiste, déployant quotidiennement plus de 23 000 militaires et mettant en place des structures de renseignement participatif et de commandement décentralisé, tandis que le pays renforce ses capacités matérielles et crée des unités d’autodéfense locales.

Dans un entretien diffusé sur la Radiotélévision du Niger (RTN), le général d’armée Salifou Mody, ministre d’État chargé de la Défense nationale, a dressé un état des lieux opérationnel. Il a précisé que les forces en opérations assurent la protection des axes routiers, des sites stratégiques et d’infrastructures critiques, dont un oléoduc long de 1 265 kilomètres régulièrement visé par des groupes armés.
Le ministre a également détaillé la montée en puissance des dispositifs de renseignements et la nouvelle répartition des responsabilités au sein des états‑majors régionaux. Les chefs de zone bénéficient désormais d’une autonomie accrue pour conduire des opérations adaptées aux réalités locales, soutenues par un centre intégré de coordination destiné à améliorer la fluidité des échanges entre unités.
Restructuration opérationnelle et renforcement des capacités
La stratégie nigérienne met l’accent sur la complémentarité entre forces régulières et acteurs locaux. Outre les militaires en uniforme, des « compatriotes et patriotes volontaires » ont été associés aux efforts de collecte d’informations pour orienter les actions des unités de défense et de sécurité. Ces auxiliaires participent à des dispositifs de surveillance et à la transmission d’alertes au profit des forces déployées.
Sur le plan capacitaire, l’État a engagé un programme de modernisation couvrant la formation spécialisée, le renforcement des moyens aériens et le développement de capacités technologiques nationales. Des acquisitions d’équipements et des partenariats extérieurs complètent cette démarche, tandis que des centres de formation adaptent les cursus aux missions actuelles.
Parmi les mesures annoncées figure la création d’organisations territoriales d’autodéfense baptisées « Domol Leydi ». Après recensement, ces structures locales seront formées au maniement des armes et à l’intégration dans les schémas opérationnels, sur le modèle de dispositifs similaires observés dans la région, visant une coordination entre populations et forces régulières.
Le réaménagement des chaînes de commandement, l’appui du renseignement civilisé, la montée en capacités matérielles et la mobilisation de personnels supplémentaires s’inscrivent dans un contexte où, selon le classement publié en janvier 2026 par Global Firepower, l’armée nigérienne se place au cinquième rang des forces militaires en Afrique de l’Ouest
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