Macron annonce une conférence à Paris pour financer la paix en Afrique

Emmanuel Macron a annoncé à Addis-Abeba l’organisation d’une conférence internationale à Paris, fin 2026, pour mobiliser de nouveaux financements en faveur du Fonds pour la paix de l’Union africaine. Le président français dit vouloir appuyer des opérations africaines de paix davantage pilotées par le continent, sur fond de crises persistantes en RDC, au Soudan et dans plusieurs zones de conflit.

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Macron annonce une conférence à Paris pour financer la paix en Afrique
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Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi 13 mai 2026, lors d’une réunion trilatérale au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, la tenue d’une conférence internationale à Paris au dernier trimestre 2026 pour lever des fonds supplémentaires en faveur du Fonds pour la paix de l’UA et mobiliser de nouveaux partenaires publics et privés, selon les agences AFP et Africanews. « Les problèmes africains doivent avant tout être résolus et coordonnés par l’Afrique, et l’instance légitime en la matière est l’Union africaine », a déclaré Macron à l’issue de la réunion, à laquelle participaient Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. C’est la première fois qu’un président français prononce un discours officiel au siège de l’UA — lors de sa précédente visite à Addis-Abeba en 2019, il n’avait pris la parole qu’en conférence de presse.

Le Fonds pour la paix de l’UA a réuni environ 400 millions de dollars en 2024, selon les sources officielles. Aucun objectif chiffré global pour la conférence de Paris n’a été précisé dans les déclarations publiques disponibles à la date de cet article.

Le Fonds pour la paix de l’UA est un mécanisme financier créé en 1993 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), prédécesseure de l’UA. Sa vocation est de financer les opérations de maintien de la paix et de sécurité menées par l’organisation panafricaine sur le continent. Longtemps paralysé par des difficultés de mobilisation des contributions des États membres, il n’est devenu opérationnel qu’en 2018, soit vingt-cinq ans après sa création. Il repose sur des contributions des États membres de l’UA, du secteur privé et de particuliers, et constitue le pilier financier de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA).

Macron a également appelé à la mise en œuvre effective de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2023. Cette résolution prévoit que les États membres de l’ONU financent, via des contributions obligatoires, les opérations de paix autorisées par le Conseil de sécurité et conduites par l’UA — un mécanisme qui, s’il était appliqué, permettrait à l’organisation panafricaine d’accéder aux quotes-parts onusiennes sans dépendre exclusivement de ses propres ressources.

RDC, Soudan, réforme du Conseil de sécurité

Lors de la réunion trilatérale, les discussions ont également porté sur les crises du continent, notamment la situation dans l’est de la République démocratique du Congo et la guerre au Soudan. Macron a indiqué vouloir explorer avec l’UA et l’ONU le regroupement sous l’égide de l’UA des diverses médiations autour du conflit congolais, dans le prolongement du processus de Luanda piloté par les présidents kényan et angolais. Il a par ailleurs renouvelé le soutien de la France à une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU accordant des sièges permanents à l’Afrique, et rappelé que Paris avait plaidé pour l’octroi d’un siège permanent à l’UA au G20.

Cette étape d’Addis-Abeba constituait l’ultime escale d’une tournée africaine de cinq jours ayant commencé en Égypte les 9 et 10 mai avec une réunion sur la « coalition maritime » dans le contexte des tensions au détroit d’Ormuz, avant le sommet franco-africain Africa Forward à Nairobi les 11 et 12 mai, et une étape en Éthiopie le 13 mai marquée également par une rencontre bilatérale avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, à quelques semaines des élections générales dans le pays.

Une coopération militaire franco-éthiopienne réactivée depuis 2023

En marge des discussions institutionnelles, la visite de Macron à Addis-Abeba s’inscrit dans le cadre d’un accord de coopération militaire franco-éthiopien conclu en 2019, centré sur la formation de la marine éthiopienne par des officiers français — à Addis-Abeba ou en mer, à bord de navires basés à Toulon et Brest. Cet accord avait été suspendu fin 2020 avec le déclenchement de la guerre du Tigré, puis rétabli début 2023 après la signature de l’Accord de paix de Pretoria. Le contexte stratégique explique l’intérêt de Paris pour l’Éthiopie : ses côtes, si elles existaient, contrôleraient l’accès au détroit de Bab-el-Mandeb en mer Rouge, et les tensions croissantes entre Addis-Abeba et Asmara, l’Éthiopie revendiquant un accès à la mer via le port érythréen d’Assab, font de la stabilité éthiopienne un enjeu régional.

La conférence de Paris sur le financement du Fonds pour la paix de l’UA doit se tenir avant la fin du quatrième trimestre 2026. Son format exact et les participants invités n’ont pas été précisés par l’Élysée à la date de publication du présent article.

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