Kenya : Ruto cible les petits commerces étrangers, les permis restent valides
Le Kenya aborde ce lundi 7 septembre 2026 l’entrée en application annoncée d’un durcissement visant les étrangers engagés dans la vente ambulante et certains petits commerces. Le président William Ruto avait fixé cette échéance le 2 septembre à Nairobi, mais son gouvernement a depuis précisé que les commerçants étrangers disposant de permis de travail et de licences valides restent protégés par la loi.

Devant des représentants des micro, petites et moyennes entreprises réunis à State House, William Ruto avait estimé que les étrangers ne devaient pas concurrencer les Kényans dans des activités comme le colportage ou les petits magasins de détail. Il avait demandé aux autorités compétentes d’agir à partir de cette semaine, tout en réaffirmant que le pays restait ouvert aux investissements étrangers créateurs d’emplois et de capacités de production.
La portée de cette annonce a toutefois été nuancée dimanche par le secrétaire principal aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei. Il a assuré que les commerçants et travailleurs étrangers, quelle que soit leur nationalité, peuvent continuer à exercer s’ils disposent des documents exigés par la législation kényane, notamment les permis de travail et les licences nécessaires.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Lee Kinyanjui, a parallèlement insisté sur la distinction entre l’autorisation d’entrer sur le territoire et le droit d’y travailler. Selon lui, l’exemption de visa ou d’autorisation électronique de voyage ne permet pas, à elle seule, d’exercer une activité commerciale au Kenya.
Le Local Content Bill au cœur du débat
Les autorités disent avoir identifié des cas de visiteurs ou d’investisseurs exerçant des activités qui ne correspondent pas aux conditions attachées à leur statut migratoire. Le contrôle annoncé doit donc notamment viser les situations de non-conformité documentaire, alors que le gouvernement cherche à réserver davantage d’opportunités économiques aux entrepreneurs kényans.
Le débat est aussi lié au Local Content Bill de 2025, toujours examiné par le Parlement. Le texte vise à accroître la part des emplois, des achats et des activités économiques bénéficiant aux Kényans, sans instaurer à ce stade une interdiction générale de toutes les entreprises détenues par des étrangers.
Cette clarification est importante pour les ressortissants d’Afrique de l’Est et d’autres pays africains présents au Kenya. Korir Sing’Oei a notamment assuré que les personnes en règle avec les exigences du pays restent libres d’y vivre, travailler et faire des affaires.
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