Guinée-Bissau: le «oui» au référendum constitutionnel l’emporte largement
Les Bissau-Guinéens ont très largement approuvé, par référendum organisé dimanche 30 août, le projet de nouvelle Constitution qui remplace l’actuel système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Selon les résultats provisoires communiqués mardi 1er septembre au soir par la Commission nationale électorale (CNE), le «oui» a recueilli 70% des suffrages.

Cette consultation constitue une étape cruciale pour la Guinée-Bissau, dirigée par une junte militaire depuis le renversement, le 26 novembre 2025, du président sortant Umaro Sissoco Embaló et la suspension du processus électoral. Les militaires au pouvoir se sont engagés à organiser un retour des civils aux affaires début décembre.
Lors d’un point de presse à Bissau, la présidente de la CNE, Carmen Izaura Lobo, a qualifié le référendum de «succès», saluant le «professionnalisme» des commissions régionales et des agents déployés dans les bureaux de vote, ainsi que la «transparence» et la «crédibilité» du processus. Certains observateurs l’ont toutefois décrit comme peu suivi par les électeurs.
Les résultats définitifs doivent être proclamés dans les prochains jours par la Cour suprême, qui n’avait à ce stade été saisie d’aucun recours. Le scrutin précède de quelques mois les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour au pouvoir des civils, dans un climat politique tendu.
Des pouvoirs renforcés pour le président
Le projet de nouvelle Constitution vise principalement à remplacer le système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Il accorde au chef de l’État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement.
L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, à commencer par le PAIGC, parti historique qui a mené le pays à l’indépendance en 1974. Il a dénoncé l’organisation d’un scrutin «dans un contexte de restriction des libertés publiques».
Une partie de la classe politique et de la société civile conteste cette réforme. «Le système présidentialiste que la junte veut imposer va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Cela est dangereux pour notre démocratie», avait déclaré Abubacar Ture, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains.
Les autorités de transition affichent pour objectif de stabiliser les institutions avant la présidentielle, en évitant les conflits entre la présidence et la Primature qui ont miné la stabilité du pays par le passé.
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