À l’ONU, Guterres réclame des sièges permanents pour l’Afrique et dénonce une injustice
António Guterres a profité de son dernier discours d’ouverture devant l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 septembre à New York, pour remettre au premier plan la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité. Le secrétaire général a jugé « injuste et indéfendable » qu’aucun pays africain ne dispose encore d’un siège permanent dans l’organe chargé de la paix et de la sécurité internationales.

Devant les dirigeants réunis pour la 81e Assemblée générale, Guterres a relié cette absence aux équilibres hérités de 1945. À la création des Nations unies, une grande partie de l’Afrique vivait encore sous domination coloniale. Selon lui, les institutions internationales continuent trop souvent de refléter les rapports de force d’une époque révolue alors que le poids politique, démographique et économique du continent a profondément changé.
Le Conseil de sécurité compte quinze membres. Cinq disposent d’un siège permanent et du droit de veto : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Les dix autres sièges sont attribués pour deux ans. L’Afrique participe donc aux travaux du Conseil par des mandats temporaires, sans disposer d’une présence permanente ni des mêmes prérogatives que les cinq puissances historiques.
Cette revendication est portée depuis plus de vingt ans par l’Union africaine. Le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte défendent au moins deux sièges permanents pour le continent ainsi que cinq sièges non permanents. Tant que le veto subsiste, l’Union africaine réclame que les futurs membres permanents africains bénéficient des mêmes droits que les autres membres permanents.
La sortie de Guterres intervient dans son dernier grand discours d’ouverture à l’Assemblée générale avant la fin de son second mandat, prévue le 31 décembre 2026. Reuters souligne qu’il a utilisé cette intervention pour dénoncer plus largement des institutions mondiales qui peinent à suivre les transformations géopolitiques actuelles, au moment où près de 130 dirigeants sont réunis à New York.
Une réforme du Conseil de sécurité ne peut cependant pas être décidée par le secrétaire général. Elle suppose une modification de la Charte des Nations unies, approuvée par les deux tiers de l’Assemblée générale puis ratifiée par les deux tiers des États membres, y compris les cinq membres permanents du Conseil.
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