Cuisson propre en Afrique : les crédits carbone deviennent un levier clé
Les crédits carbone prennent une place croissante dans le financement de la cuisson propre en Afrique, où près d’un milliard de personnes restent exposées aux combustibles polluants. Publiée ce lundi 7 septembre, une enquête de l’Associated Press décrit ce mécanisme comme l’un des principaux leviers utilisés pour rendre les équipements moins coûteux pour les ménages à faibles revenus.

Le principe consiste à monétiser des réductions d’émissions vérifiées générées par des foyers améliorés, des appareils à biomasse plus efficaces ou des solutions électriques. Les revenus tirés des crédits peuvent ensuite servir à réduire le prix payé par les utilisateurs. Cette logique permet de rapprocher le coût initial de technologies propres de celui des solutions traditionnelles au charbon de bois ou au bois de chauffe.
Selon l’AP, environ un milliard d’Africains utilisent encore des combustibles polluants pour cuisiner, avec un lourd impact sanitaire lié à la pollution de l’air domestique. L’agence cite une estimation d’environ 850 000 décès par an associés à ces pratiques. L’Agence internationale de l’énergie estime de son côté que plus d’un milliard de personnes en Afrique subsaharienne n’ont toujours pas accès à une cuisson propre.
Le fabricant BURN, basé à Nairobi, a distribué plus de 7,3 millions de foyers dans 11 pays, selon les chiffres rapportés par l’AP. L’entreprise fait partie des acteurs qui s’appuient sur les marchés carbone pour réduire les prix de vente et élargir leur clientèle, même si ce modèle nécessite des investissements importants avant que les crédits ne soient effectivement générés et vendus.
Le financement public et privé progresse aussi. L’AIE rappelle que le sommet de Paris sur la cuisson propre en Afrique de 2024 avait mobilisé 2,2 milliards de dollars de promesses de financement. Son suivi publié en juillet 2026 indique qu’environ 740 millions de dollars de ces engagements avaient déjà été décaissés.
La Banque mondiale expérimente également des montages liés au carbone. En décembre 2025, elle a lancé une obligation de résultat de 200 millions de dollars destinée notamment à soutenir la diffusion de plus de 400 000 équipements de cuisson propre au Ghana. L’opération doit mobiliser environ 30,5 millions de dollars de capitaux privés pour les projets et vise l’accès de 1,3 million de personnes à des solutions moins polluantes.
Les marchés carbone ne règlent toutefois pas seuls le problème du financement initial. L’AP souligne que les recettes arrivent généralement après la distribution et la vérification des réductions d’émissions, ce qui oblige les entreprises à trouver des capitaux en amont. C’est ce décalage entre investissement immédiat et revenus futurs qui reste l’un des principaux défis pour une diffusion à grande échelle.
Articles liés
Afrique du Sud : le privé portera 73 % des nouvelles capacités renouvelables
Banque : après 30 ans en Angola, le portugais BPI cède sa dernière participation dans BFA pour 451 millions de dollars
Kenya : Ruto cible les petits commerces étrangers, les permis restent valides
Air Tanzania reprend ses vols Dar es Salaam–Moscou ce 7 septembre
Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.